01.09.2009
Loukianenko et Bekmambetov travaillent à nouveau ensemble
Voilà une petite information que nous avions laissée passer, mais qui pourtant a été dévoilée en mai dernier, lors du festival "Aelita" à Ekaterinbourg: Sergueï Loukianenko est en train de travailler à un scénario pour Timur Bekmambetov, déjà réalisateur de Nightwatch et Daywatch.
Le projet s'appelle pour l'instant L'Homme d'or (Золотой человек), et l'on sait juste que ce sera une production russo-kazakh, à très gros budjet, sans doute un film d'action fantastique.
06:25 Publié dans (aut.) Sergueï Loukianenko, Auteurs russes, Films | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loukianenko
07.08.2009
Nightwatch... à l'opéra!
Cela vient d'être officialisé par Sergueï Loukianenko lui-même auprès de l'agence de presse RIA-Novosti: celui-ci vient d'être contacté par le directeur de l'opéra de Vienne afin de réaliser un livret adaptant pour la scène Nightwatch - Les Sentinelles de la nuit.
Le nom du producteur et du compositeur, tous deux finlandais, est encore tenu secret. On sait juste qu'il s'agit d'un jeune compositeur déjà reconnu. La musique sera "classique", mais la mise en scène devrait être spectaculaire, avec des décors modernes et des effets spéciaux.
Bien sûr, il ne sera pas question d'adapter tout le roman, mais seulement un épisode. Ce sera, de l'aveu même de l'auteur, "une histoire d'amour, d'aventure, une trahison, une tragédie".
10:32 Publié dans (aut.) Sergueï Loukianenko, Auteurs russes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : loukianenko, Лукьяненко
17.03.2009
Sergueï Loukianenko - une interview
Grâce à la complicité de Christine Zeytounian-Beloüs, nous avons pu réaliser une petite interview de Sergueï Loukianenko, qui a bien voulu répondre, non sans humour, à nos questions.
Note: nous avons ajouté entre parenthèse les éditeurs des des jeux vidéo mentionnés.
Quelles ont été vos sources d'inspiration pour cette série? Quels auteurs ont pu vous influencer?
Mon idée principale était d'écrire un roman de Fantasy dans la réalité actuelle, afin que les magiciens puissent utiliser des téléphones portables et les loups-garous conduire des voitures. :) Cette idée était probablement dans l'air du temps car ces dernières années, le genre « Fantasy urbaine » est devenu très populaire tant en Russie que dans d'autres pays.
Parmi les auteurs dont l'influence sur les Sentinelles est quelque peu manifeste, je mentionnerais les frères Strougatski (et plus précisément leur vieux récit des années 1960, Le Lundi commence le samedi où l'on peut voir le travail d'un Institut scientifique d'étude de la magie en URSS) et Stephen King qui dans son oeuvre fait entrer sans hésiter la magie et la mystique dans la réalité.
Comment expliquer l'immense succès que ces romans ont obtenus, tant en Russie qu'ailleurs?
Cette question est très difficile. :) Certes, les films tournés en Russie ont joué un grand rôle dans la publicité du livre. L'intérêt des éditeurs étrangers est apparu aussi après l'adaptation à l'écran du roman. Mais une adaptation, même réussie, ne peut pas toujours éveiller l'intérêt pour l'auteur et pour son livre. Les lecteurs ont peut-être aimé l'idée principale des Sentinelles, à savoir non pas simplement une opposition entre le Bien et le Mal mais aussi un essai de comprendre jusqu'à quel point le Bien peut aller sans se transformer en Mal, et si le Mal peut créer le Bien. L'idée du dualisme entre le Mal et le Bien n'est pas neuve mais elle perturbe toujours autant les gens.
Vous parlez souvent de chanteurs ou de groupes musicaux dans ces romans. Est-ce pour vous une façon d'illustrer le récit, ou simplement une manière d'indiquer vos goûts personnels?
Les deux. J'écris souvent des livres en écoutant de la musique, et si je découvre qu'une chanson est en harmonie avec les pensées qui sont dans le livre, je l'incorpore au texte. Il en résulte une sorte de liaison interne entre la musique et la littérature. Avec le temps, j'ai fais la connaissance de beaucoup de musiciens dont j'ai utilisé les chansons. Je suis charmé de ce fait qu'ils lisent mes livres.
Dans le troisième volume des Sentinelles, vous désarmez, en quelque sorte, les critiques qui pourraient vous reprocher d'utiliser un univers de jeux vidéo (avec ces mages de différents niveaux), en imaginant justement un influence de ces jeux sur la sociétés des Autres. Etes-vous vous-même un joueur? Si oui, quels sont vos jeux favoris?
Oui, j'aime les jeux vidéo. Je préfère les RPG (Role-playing games). On a aussi créé, actuellement, quelques jeux d'après mes livres: Les Sentinelles de la nuit (Novyï Disk / Nival Interactive), Les Sentinelles du jour (Novyï Disk / Nival Interactive / Targem), Ce n'est pas le temps des dragons (1C / Arise / KranX Productions). Donc, même si les jeux prennent beaucoup de temps, ils incitent parfois à la création... et puis, les livres à leur tour deviennent une base pour les jeux. Il y a en cela une certaine ironie de notre époque.
Pensez-vous vraiment que, comme le disait Ivan Efremov au début des années 1970, « c'est sur la Terre qu'on a à vivre »? La conclusion du troisième volume des Sentinelles est très pessimiste à ce sujet...
Je suis bien persuadé que l'humanité doit se développer et conquérir de l'espace. Tôt ou tard, cela deviendra la condition de notre survie, et donc cela vaut la peine de commencer un peu plus tôt. Mais actuellement, l'astronautique est devenue malheureusement peu intéressante pour les pays leaders, son importance est plutôt appliquée. Ca n'est pas mal... mais je voudrais bien voir une expédition vers Mars ou une vraie conquête de la Lune... Ça fait déjà plus de cent ans que l'homme rêve de la conquête de l'espace, et ce n'est probablement pas par hasard. Je veux bien croire que nous ne « partirons pas vers des mondes virtuels », que nous ne resterons pas pour toujours sur la Terre, mais que nous tâcherons de devenir les habitants de l'Univers.
Que pouvez-vous nous dire sur la Russie actuelle?
La Russie est mon pays, je l’aime bien et je m’inquiète pour son destin. Je suis heureux de nos succès et les échecs me tourmentent. Actuellement, la Russie n’est pas dans la pire des situations mais elle est loin d’être dans la meilleure des situations de sa nouvelle histoire. Je pense que les années qui viennent montreront définitivement si nous réussirons à casser les tendances négatives et faire de notre pays un État fort, respecté et où la vie sera agréable... ou alors cela voudrait dire que l’expérience communiste du XXe siècle et la chute de l’URSS qui l’a suivie ont eu des conséquences trop catastrophiques pour notre peuple. Je suis optimiste, malgré tout... bien qu’il soit toujours très difficile d’être optimiste en Russie.
A quel projet travaillez-vous en ce moment?
Je viens de terminer le roman intitulé L’Empoté. A mon avis c’est une bonne histoire, intéressante et drôle, qui a lieu dans le monde du conte, de la Fantasy. Il me semble que ce sera intéressant pour les lecteurs du monde entier. J’espère qu’elle paraîtra tôt ou tard en France. Je ne voudrais pas rester pour le lecteur français seulement l’auteur des Sentinelles.
Le nouveau livre que je vais maintenant écrire s’appelle Le Chasseur de visions. C’est une histoire sur le Pays des Rêves, sur les gens qui peuvent s'y rendre... et y rester. Cependant, jusqu’à ce que j’aie écris trois ou quatre chapitres, je ne suis jamais sûr de ne pas être obligé de laisser un livre en sommeil. Il est possible qu’un autre sujet m’intéressera – et le Pays des Rêves sera obligé d’attendre. :)
11:49 Publié dans (aut.) Sergueï Loukianenko, Auteurs russes, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loukianenko, Лукьяненко
06.03.2009
Quelques informations diverses
Voici quelques informations sur des publications importantes à venir:
Sergueï Loukianenko a achevé son travail sur le roman du fantasy humoristique L'Empoté (Недотепа). L’action du roman se passe dans une époque pseudo-médiévale. Le personnage principal est le jeune fils, nommé Empoté, d’un duc. Ce duc est détrôné frauduleusement. En essayant de recouvrer l’héritage de son père, le jeune homme devient le disciple d’un mage. Ce roman doit sortir en avril-mai aux éditions Ast.
Les écrivains de Kharkov Henry Lion Oldie et A. Valentinov ont terminé la rédaction du troisième et dernier livre du roman Alioumen ou Opéra de la Terre (Алюмен, или Земная опера). Les éditions Eksmo envisagent de sortir au début de l’automne la partie finale de cette trilogie Le Mécanisme de la vie (Механизм жизни).
Les écrivains de Kiev Marina et Sergueï Diatchenko ont achevé leur nouveau roman intitulé Digital ou BREVIS EST (Цифровой, или BREVIS EST). Le livre doit sortir cette année aux éditions Eksmo.
17.02.2009
Sergueï Loukianenko - Les Sentinelles du Crépuscule, la critique
Depuis la parution en France de son premier volume de la série des Sentinelles, Sergueï Loukianenko étonne les lecteurs de Fantastique et de Fantasy, par l'usage très ludique qu'il fait des archétypes de ces genres que sont les mages, les vampires, les sorciers... ici dénommés globalement « Autres ». Cependant comme cela arrive fréquemment avec les séries dont l'écriture s'étale dans le temps, on pouvait craindre un essoufflement.

Que ses lecteurs se rassurent donc, avec Les Sentinelles du Crépuscule (qu'il aurait fallu écrire Les Sentinelles de la Pénombre), point d'essoufflement, ni de lassitude: Sergueï Loukianenko arrive à se renouveler en introduisant une forte dimension sociale dans son récit, qui en devient du coup d'autant plus passionnant.
Comme dans le précédent volume, l'auteur utilise ici une structure de récit ternaire: trois histoires sont racontées successivement, leurs éléments communs servant à tracer l'histoire générale, celle d'Anton Gorodetski, petit mage clair de deuxième classe, marié pour son malheur à une magicienne bien plus puissante que lui, et travaillant au Contrôle de la Nuit, cette police chargée de surveiller les agissements des Sombres depuis la signature du traité de paix en Clairs et Sombres, il y a des siècles de cela. Un Anton qui doute de plus en plus des bienfaits que les Clairs sont sensés apporter à l'Humanité, et qui s'interroge sur sa volonté de rester au sein du Contrôle.
Dans le premier récit, Anton doit enquêter au sein d'une résidence pour milliardaires, seul et sans l'aide de la magie, mais avec le soutien de Kostia, un vampire du Contrôle du Jour, et surtout de l'Inquisition, ce groupement de Sombres et de Clairs qui veille à l'équilibre des forces. Quelqu'un semble être en mesure de transformer n'importe quel humain en Autre. Tous sont conscients du risque que ce savoir fait peser sur le traité: quel camp sera en mesure de recruter ainsi autant d'Autres qui le souhaite et de faire pencher la balance en sa faveur?
Dans le deuxième récit, Anton, cette fois-ci en vacances avec sa femme et sa fille, se retrouve confronté bien involontairement à un groupe de loup-garous, et surtout à une très puissante sorcière, hors classe, et sortie de nulle part, vivant telle une Baba Yaga aux fins fonds d'un bois. Or cette sorcière semble posséder un antique manuscrit légendaire, le Fuaran, sensé contenir la méthode de transformation d'un humain en Autre.
Enfin, dans le troisième récit, Anton doit se lancer à la poursuite de celui qui semble être à l'origine de tout cela.
Passons sur les détails, afin de ne pas gâcher le plaisir au lecteur: le roman de Sergueï Loukianenko étant tout de même un roman de littérature populaire, reposant essentiellement sur l'intrigue, en dévoiler trop serait malvenu. Et venons-en à ce qui fait l'intérêt réel de ce volume.
L'effet de surprise initial n'étant plus présent, Loukianenko se renouvelle donc en livrant des parcelles de sa pensée sur la Russie contemporaine (celle de 2004, date de parution du volume). Et l'auteur ne se prive pas, par exemple, de fustiger ces nouveaux riches qui se construisent des appartements luxueux en plein Moscou sans être même capable d'en finir l'ameublement. Il tape dur aussi, et longtemps, sur la corruption des services sensés être « publics ». ll n'hésite pas à parler de l'alcoolisme, véritable fléau social, et il le fait sans pour antant condamner les alcooliques eux-mêmes, qu'il pose en victimes. Mais Loukianenko n'est pas Pelevine ou Sorokine. Plutôt que de s'apesantir sur les problèmes, il préfère décrire tout de même une Russie qui se redresse. Il ne se prive pas non plus pour lancer quelques petites piques discrètes vers l'Occident (« Une magicienne très prometteuse; on lui avait déjà proposé un transfert en Europe. Ils adorent récupérer les jeunes talents au nom de notre grande cause commune » - p. 21; ou encore: « Je suis allé acheter [...] du soda 'Baïkal' pour les plus jeunes. Ils auraient bien sûr préféré du Coca Cola. Mais je ne voulais pas qu'ils s'intoxiquent avec cette cochonnerie » - p. 92 – notons au passage que depuis Baïkal est devenu le nom commercial de Pepsi en Russie...). Mais il fustige aussi au passage les nationalismes de tout poil (« Plus ils sont divisés et mieux ils se sentent... Les Pétersbourgeois avec leur fructueuse célébration, les Kazakhs et les Kirghizes, prêts à présenter une foule d'arguments pour démontrer l'ancienneté historique de leurs Etats nouvellement créés et nos frères slaves que l'existence d'un frère aîné opprimait profondément. Et tous les Russes qui savent si bien se mépriser mutuellement de capitale à province et de province à capitale, sans parler des républiques autonomes et des régions. » - p. 329).
L'intérêt de ce roman de Loukianenko se retrouve finalement bien exprimé dans les rares allusions littéraires qu'il ose. Ainsi p. 286: "J'ai remarqué dans la corbeille à papier un livre à couverture criarde. Guesser avait donc vraiment passé la nuit à lire Golovatchev?". Or Vassili Golovatchev, écrivain bien réel, auteur prolifique, écrit des textes forts sympathiques, populaires (du space opera, de la fantasy), mais on serait bien en peine d'y rechercher de la philosophie. Le deuxième auteur mentionné par Loukianenko est d'une autre trempe puisqu'il s'agit des frères Strougatski, d'abord p. 284, par une brève allusion ("Le lundi, comme tu le sais, commence le samedi": le lecteur curieux pourra toujours comparer le Niitchavo des deux frères au Contrôle de la Nuit de Loukianenko), puis par une citation directe de Stalker (p. 397: " Le bonheur gratuit pour tous? Et que personne ne soit oublié?").
Si Loukianenko préfère les Strougatski à Golovatchev, ça n'est sans doute pas pour rien, puisqu'en définitive, dans ses dernières années, l'oeuvre des deux frères a quitté l'espace et le futur pour rejoindre la Terre et notre époque. On comprend mieux alors la fin des Sentinelles du Crépuscules: "Nous ne pouvons pas voler dans l'espace. Nous pouvons seulement nous efforcer de ne pas tomber."
09:26 Publié dans (aut.) Sergueï Loukianenko, (éd.) Albin Michel, Auteurs russes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loukianenko, Лукьяненко
08.11.2008
Sergueï Loukianenko - Les sentinelles du crépuscule
Ca y est: après plusieurs longs mois d'attente, le troisième tome de la trilogie des Sentinelles de Sergueï Loukianenko est enfin paru, le 6 novembre dernier, chez Albin Michel. Christine Zeytounian-Beloüs en assure toujours la traduction.

Dans une Russie moderne et délabrée, des êtres aux pouvoirs surnaturels, les Autres, se fondent parmi les humains. Partagés entre forces de la Lumière et forces de l’Obscurité, ils se livrent, depuis plus de mille ans, une étrange guerre froide. Aujourd’hui, pour la première fois, ils doivent s’allier contre un ennemi commun. Un traître qui, au mépris de toutes leurs lois, aurait décidé de transformer un simple mortel en Autre. Mais dans un monde ou réalité et magie se confondent, les apparences sont souvent trompeuses…
« Un choc, le tour de force de rénover de fond en comble le roman fantastique. » Le Monde
« Du bon, de l’excellent fantastique d’une totale modernité. » Marianne
« Un détonant cocktail à base de polar, de SF, de fantastique, qui fascine. » Le Figaro
« Un véritable monde magique parallèle. » Métro
14:54 Publié dans (aut.) Sergueï Loukianenko, (éd.) Albin Michel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loukianenko, sentinelles du crépuscule, Лукьяненко, Сумеречный Дозор



