03.09.2009
Sergueï Pali - Boomerang: une présentation
Depuis une trentaine d'années est apparu aux Etats Unis un genre un peu spécial, celui de la novellisation: mise en roman de films, de séries, voire plus récemment de jeux vidéo ou de jeux de rôle. La production est en général remarquable de médiocrité, mais il arrive que quelques grandes plumes de la SF ou de la Fantasy US s'y frottent. On peut prendre pour exemple la série Star Trek, qui compte parmi ces auteurs d'illustres inconnus, mais aussi James Blish, David Gerrold, Barbara Hambly, Vonda McIntyre, Greg Bear ou encore Joe Haldeman. Malheureusement, la signature de ces poids lourds de la littérature n'a pas toujours été gage de qualité.

En Russie, le phénomène est, comme on peut s'en douter, beaucoup plus récent. Et là bas, c'est un jeu vidéo ukrainien sorti en 2007 qui en est l'origine, Stalker, très vaguement inspiré de l'oeuvre des frères Strougatski, et dont la qualité surprend, justement lorsqu'on le compare avec d'autres jeux adaptés des romans des deux frères.
Depuis plus d'un an maintenant, les éditions Ast publient donc des romans mettant en scène des stalker, romans dont on nous avait fait part jusqu'ici de l'assez faible qualité. Il se pourrait bien que ça change. Car après Alexandre Zoritch, c'est Sergueï Pali qui nous signale la parution récente d'un roman qu'il a écrit pour la série, Boomerang.

Il nous a au passage fait parvenir la quatrième de couverture:
"La Zone a proposé de nouveau un curieuse énigme à ses habitants. Des artefacts uniques, les "boomerangs", apparaissent en différents endroits. Avec eux, il est possible non seulement de guérir les blessures ou de parer les balles mais aussi d'influencer le cours des événements.
La chasse à ces curiosités commence.
Le libre stalker Minor est un centenaire de la Zone. Comme pas un, il sait que plus la gratte est précieuse, plus il est difficile de s'en procurer et de rester vivant. De plus, il comprend qu'il n'y a qu'une seule chance d'obtenir ce trésor.
Avec une équipe à toute épreuve, Minor part pour un dangereux voyage afin de résoudre le mystère du "boomerang". Mais les pièges mortels et les mutants féroces ne sont pas le principal danger pour un stalker expert..."
Nous tâcherons de nous procurer ce livre, histoire de voir et de vous en dire plus.
PS: Comme de fait exprès, nous travaillons en ce moment à la révision de la traduction du roman Stalker, l'original celui-là, d'Arkadi et Boris Strougatski. C'est à paraître chez Denoël en 2010: ne le ratez, c'est un chef-d'oeuvre!
21:20 Publié dans (aut.) Sergueï Pali, (éd.) Ast, Jeux vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pali, Палий
01.02.2009
Akella - Halte au massacre!
Les studios russes Akella se sont rendu tristement célèbres, ces dernières années, en tentant d'adapter en jeux vidéo les romans des frères Strougatski.
Or il faut bien l'avouer, les résultats ont été jusqu'ici plus que médiocres.
Hard to be a god (d'après Il est difficile d'être un dieu), est un jeu de rôle (rpg) à la réalisation banale, et dans lequel il ne se passe finalement pas grand chose.
Le Pic rouge (d'après L'Auberge de l'alpiniste mort), est un jeu d'enquête à l'ambiance (visuelle comme musicale) très réussie, mais profondément ennuyeux: les quêtes sont risibles et les mini-jeux soporifiques au possible.
Le pire de tous reste encore Prisoner of power (d'après L'Île habitée), une bouse infâme d'une laideur incroyable, dans laquelle les ennemis (malgré le patch distribué par Anuman) n'ont pas la moindre once d'intelligence (ils ne bougent pas!). Et pire que tout: ce jeu n'est même pas technologiquement au point, puisque, non content de réclamer 2 GHz de processeur, il ne tourne pourtant pas sous Windows Vista. Ridicule.
Seul finalement la suite de Galactic Assault, Prisoner of Power, jeu de stratégie lui aussi tiré de L'Île habitée, s'en sort avec les honneurs. Mais il faut dire que la base de ce jeu n'a pas été développée par Akella. Ouf.
Mais pourquoi donc parler de tout ça sur un blog littéraire?
Simplement parce qu'en recevant le numéro de janvier de Polden XXI vek, la revue de Boris Strougatski, nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que les mêmes se sont attaqués à Le Lundi commence le samedi (Понедельник начинается в субботу), roman humoristique se passant dans un institut complètement loufoque dans lequel on étudie des choses paranormales en tout genres. Bref, les Strougatski s'y livraient à du Pratchett ou du Dufour avant l'heure.

Or ici, les développeurs sont Rootfix Entertainement (1), les mêmes qui ont littéralement massacré le Veau d'Or d'Ilf et Petrov (sorti en France sous le titre La Quête du trésor), et donc l'éditeur est Akella. De quoi avoir très, très peur.
D'où ce cri de colère: Halte au massacre!
(1) Notons au passage que lorsque nous avons rédigé cette note, le site de Rootfix était totalement en panne... Un comble pour un développeur de jeux vidéo!
10:49 Publié dans (aut.) Arkadi et Boris Strougatski, Auteurs russes, Jeux vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Понедельник начинается в субботу


