26.06.2009
Andreï Kourkov - Le Pingouin
Certains pourront se demander ce que vient faire un auteur comme Kourkov sur un blog consacré au Fantastique et à la Science Fiction. Et pourtant la seule lecture du Pingouin, son premier comprend, suffit à faire comprendre que le réel n'intéresse cet auteur que pour mieux aller au-delà.

Victor Zolotarev est journaliste, à Kiev. Du moins journaliste au chômage. Il est célbataire, et semble bien parti pour le rester longtemps. Pire, sur un coup de tête, il a adopté un pingouin, plus exactement un manchot, prénommé Micha et donné par le zoo de Kiev qui distribuait ses animaux faute de pouvoir les nourrir.
Pourtant un jour, Zolotarev se voit confier par un journal populaire une tâche bien étrange: rédiger des "petites croix", à savoir des textes nécrologiques sur des personnalités en vue, afin que le journal soit prêt à publier quelque chose en cas de décès inattendu. Mais au fur et à mesure que Victor Zolotarev travail, il se rend compte que les personnes dont il écrit la nécrologie finissent par réellement mourir, le plus souvent de mort violente. Il se retrouve ainsi dans une sombre histoire, qui, au départ, fleurre bon la mafia. Pourtant, on découvre petit à petit qu'il pourrait bien s'agir de tout autre chose.
Kourkov dans ce roman, s'attarde sur l'Ukraine post-soviétique, décrivant une situation qui nous semble, à nous, surréaliste. Drôle de pays, où, comme en Russie, tout peu s'acheter, même le coeur d'un enfant. Mais ce qui fait l'intérêt de ce livre est autre. Le Pingouin est à la fois une comédie, une tragédie, un roman réaliste et un roman fantastique (le texte grouille d'élément totalement irréaliste, et la trâme est finalement bien celle d'une tentation diabolique). Un objet transgenre, dirait-on de nos jours. Zolotarev est un personnage bien trouvé, qui voit impuissant son destin échapper à sa maîtrise, et son patron, Igor Lvovitch, fait figure de parfait Mephistophélès.
Malgré tous ces aspects inhabituels, Le Pingouin est un roman qui se lit tout seul, de par son style simple et limpide. Il constitue l'exemple parfait du roman qui fait réfléchir tout en permettant la détente.
15:00 Publié dans (aut.) Andreï Kourkov, (éd.) Liana Levi, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kourkov, Курков


