10.12.2009
Le sommaire de Dimension Russie
Le travail sur Dimension Russie avance. Et les traductions (qui sont cette fois-ci toutes de nous) sont maintenant achevées. Certes, il reste à tout relire et surtout à rédiger l'introduction et le dictionnaire des auteurs. Mais du coup, nous sommes tout de même déjà en mesure de dévoiler le sommaire:
Vladimir Pokrovski, "Avant propos"
Viktoriya et Patrice Lajoye, "Préface"
Pavel Amnouel, Le Rayon vert
Henry Lion Oldie, Relève-toi, Lazar
Marina et Sergueï Diatchenko, Les Ailes
Mikhaïl Ouspenski et Andreï Lazartchouk, "Le Jeune Communiste de Mordovie", sous-marin jaune
Andreï Salomatov, La Fête
Henry Lion Oldie, Viens me voir dans ma solitude...
Marina et Sergueï Diatchenko, Basket-Ball
Sergueï Pali, La Sirène
Iouli Bourkine, Le Papillon et le basilic
Tous les genres sont abordés dans ce sommaire, même si, en définitive, les textes réellement inclassables forment la majorité.
Allez, plus que quelques mois à attendre!

10:27 Publié dans (aut.) Andreï Lazartchouk, (aut.) Henry Lion Oldie, (aut.) Iouli Bourkine, (aut.) Marina et Sergueï Diatchenko, (aut.) Pavel Amnouel, (aut.) Sergueï Pali, (aut.) Vladimir Pokrovski, (éd.) Rivière Blanche, Auteurs russes, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dimension russie, rivière blanche
31.10.2009
Une revue ukrainienne: UFO
Il y a déjà quelques temps, nous vous faisions part de l'apparition d'une Science Fiction ukrainienne, qui tendait à prendre ses propres repères et à acquérir sa propre identité par rapport à sa consoeur russe, chose difficile du fait que beaucoup d'auteurs ukrainiens écrivent en russe et son publiés en Russie.
Le fait est que d'intéressantes structures apparaissent, favorisant ce phénomène, et notamment une revue, qui existe maintenant depuis plusieurs années, UFO - Commentateur Ukrainien du Fantastique (УФО - Украïнський Фантастичний Оглядач).

Au sommaire, quelques grands noms, comme Henry Lion Oldie, des interviews, des critiques, et surtout quelques nouvelles d'auteurs pour l'instant peu connus. La revue, qui publie quatre volumes par an, est bien entendu en ukrainien, ce qui explique que nous n'y soyons pas encore abonnés, notre maîtrise de cette langue n'étant pas suffisante. Il n'empêche qu'elle a bien du mérite d'exiter face aux poids lourds que sont ses consoeurs russes (Esli, Polden' XXI vek, etc.), surtout quand on sait que quasiment tous les Ukrainiens parlent et lisent le russe couramment.

13:46 Publié dans (aut.) Henry Lion Oldie, Auteurs ukrainiens, Revues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ufo, УФО
09.08.2009
Leonid Onochko - Sur la Planète orange
En 2004, les très sérieuses éditions Ad Marginem choisissaient de rééditer un vieux roman de Science Fiction soviétique, Sur la Planète orange (На оранжевой планете), de Leonid Onochko (1905-1980).

L'original de ce texte a été publié en 1959, par les Editions de livres de Dniépropétrovsk (Ukraine):

On pourrait donc se demander ce qui a pu pousser l'éditeur russe de Houellebecq et de Deleuze à publier un tel roman. Par chance (sic!), celui-ci a déjà été traduit en français, ce qui nous facilité largement une lecture estivale. C'est en 1961, chez Hachette, dans la mythique collection "Le Rayon Fantastique". Sur la Planète orange était ainsi le premier roman de Science Fiction soviétique ouvertement traduit en tant que tel. Une curiosité donc.

De quoi s'agit-il donc? Trois astronautes se posent sur Vénus, à l'aide de leur fusée baptisée Sirius. Ils se lancent ainsi dans l'exploration d'un monde peuplé de reptiles tous plus ou moins dangereux (par exemple: "un dzira, monstre marin tenant du plésiosaure et de l'iguanodon avec une voracité d'ichtyosaure", p. 197). Mais ils vont vite entrer en contact avec une civilisation comme par hasard parfaitement humanoïde, elle-même menacée par une invasion de nains jaunes venus d'un ancien satellite de Vénus maintenant disparu. Le contact entre les trois hommes et la culture locale sera bien évidemment une magnifique jeune femme, fille d'un illustre savant. Ne riez pas, c'est très sérieux.
Que dire de plus? Que ce roman est avant un plagiat presque intégral de la trame d'Aelita, d'Alexis Tolstoï, mais que Tolstoï a du talent là où Onochko n'en a aucun. Pour peu que le laisse voir la traduction, qui fait ce qu'elle peut pour rendre la lourdeur du style de l'auteur. Citer un exemple précis serait trop réducteur: il faudrait mettre chaque page! Quand aux personnages, ils n'ont tout simplement aucun caractère propre. On sait juste que l'un d'entre eux est plus gros que les autres (qui lui en font d'ailleurs le reproche). C'est tout ce qu'on saura d'eux en dehors de leurs noms.
En définitive on comprend mieux la controverse qui a fait rage dans la revue Fiction (1961, n°93 à 95), entre les critiques officiels et les lecteurs: le livre fut l'objet d'un rejet de la critique, alors que quelques aimables amateurs voulurent le défendre, prétextant d'un honnête roman d'aventures. Malheureusement, plus de quarante ans plus tard, on ne peut plus guère apprécier de telles aventures: le kitch qu'on excuse dans par exemple les récits martiens d'Edgar Rice Burroughs, ne peut l'être dans un texte datant de 1959. Sur la Planète orange est un roman déjà dépassé lors de sa parution.
Retenons juste qu'il a servi de base très lointaine au film de Pavel Klouchantsev, Planeta Bur, scénarisé par Alexandre Kazantsev. Alors, pour le plaisir, n'hésitez pas à regarder ce petit chef-d'oeuvre rétro (désolé pour la qualité de l'image. Vous pouvez toutefois le télécharger aisément en faisant courir la Mule):
Et toutes les suivantes disponibles sur Youtube: le film n'est pas protégé par le droit d'auteur, ce qu'il lui a valu d'être détourné par Roger Corman, dont un disciple, Curtis Harrington, a procédé à un remontage du film pour en faire une version américanisée, sous le titre Voyage sur la planète préhistorique.
15:39 Publié dans (éd.) Ad Marginem, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : onochko, Оношко
26.07.2009
Vladimir Savtchenko - Découverte de soi-même
Parler d'un auteur soviétique de nos jours totalement oublié en France, et qui de toute façon n'y a jamais été bien connu, relève du défi. Pourtant, Vladimir Savtchenko (1933-2005) a été un auteur ukrainien remarquable. C'est d'ailleurs pour cela que nous avions repris un de ses textes dans Dimension URSS.
Mais en 1975, les éditions scientifiques Mir, à Moscou, avaient pris la peine de traduire ce qui est de nos jours encore considéré comme un classique de la SF en langue russe (et de fait toujours réédité), le roman Découverte de soi-même (Открытие себя).
Amateurs d'action, passez votre chemin: Découverte de soi-même est un roman essentiellement philosophique. Un institut de recherche, prenant conscience qu'à la fin d'un exercice comptable il reste 80000 roubles à dépenser, décide de créer un nouveau laboratoire, un laboratoire de recherches aléatoires, confié à un ingénieur nommé Krivochéine. Et ledit Krivochéine va aussitôt se lancer dans l'élaboration d'une machine, centrée autour d'un ordinateur, qui devra évoluer par elle-même, à partir des informations qu'on lui donnera en masse. L'ingénieur va donc l'équiper de tous les capteurs possibles (y compris un diadème, sorte de casque qui lui permet de lire dans la tête de son concepteur), et lui fournir tout ce qu'elle demandera. Sa première demande cohérente sera d'ailleurs des ajouts de mémoire. Puis divers composants électronique, enfin des réactifs chimiques, à utiliser dans divers appareillage dont l'ingénieur lui-même ne comprend pas l'utilité (l'illustration de la couverture reflète d'ailleurs bien la complexité et les aspects multiples de l'appareillage).
En définitive, complètement déboussolé, Krivochéine va brûler toutes les bandes sorties de l'ordinateur, et verser en vrac tous les réactifs dans une cuve en teflon, avant de prendre une semaine de vacances. Quelle ne sera pas sa surprise de croiser, à son retour, sa copie conforme, issue de la cuve. La machine l'a répliqué tel qu'elle l'avait enregistré.
Et notre brave ingénieur, en duo avec son double, va dès lors mener une longue réflexion sur la nature humaine, et surtout sur comment l'améliorer, notamment au moyen de sa machine, qui semble en définitive non seulement capable de dupliquer n'importe quoi, mais aussi de lui donner la forme voulue par l'expérimentateur, qui s'"amusera" à créer, au passage, des lapins plus ou moins difformes, et une nouvelle version, améliorée, de lui-même.
L'intérêt philosophique de ce roman est multiple. Il mène en premier plan diverses réfléxions sur le milieu universitaire, qui n'est pas aussi idyllique qu'il le devrait. Les magouilles, les mauvais tours, qui vont de la simple intrigue de pouvoir à la thèse de complaisance, sont dévoilés au grand jour, au point de montrer notre brave ingénieur remettre carrément en place le directeur de l'Institut, un tout puissant académicien. Mais au passage, Savtchenko se fend d'une note de bas de page: "le lecteur est prié de se souvenir qu'il lit un roman de science-fiction" (p. 388). Sous entendu que tout ce qui est décrit ici est issu d'une observation personnelle du milieu, l'auteur ayant été lui-même ingénieur électricien.
C'est la petitesse de ce milieu qui pousse Krivochéine et ses doubles à ne pas parler aux autres de leur découverte. Là encore, l'aveu sur le monde de la recherche soviétique est de taille:
"Mais n'y a-t-il pas, chez nous aussi, des gens qui font feu de tout bois, depuis les idées du communisme jusqu'aux fausses émissions radio, depuis l'abus de pouvoir jusqu'à la citation des classiques, pour toucher à la prospérité, se faire une situation, puis devenir encore plus prospère, et encore, et toujours, à tout prix? Des gens prêts à considérer toute atteinte à leurs privilèges comme une catastrophe universelle?" (p. 168)
Cette réflexion, au coeur de l'ouvrage, n'emplit pas d'aise son auteur, le Krivochéine original, chez qui finalement le malaise se fera de plus en plus fort, le conduisant au bord du suicide:
"Le vent agite les arbres. Le vent agite les arbres... Sur le balcon, un électrophone joue le Requiem de Mozart. Mon voisin, le maître de conférence Prichtchépa s'imprègne dès le matin d'esprit mathématique. "Requiem... Requiem aeternam..." répète une voix pure et claire sur le ton de la renonciation. Une musique au son de laquelle il ferait bon se suicider, personne ne prêterait attention à la détonation. Le vent agite les arbres..." (p. 275)
Il reviendra finalement sur ces pensées avant de se lancer dans un nouveau long débat avec l'un de ses doubles sur la façon dont les gens du commun pourraient utiliser cette invention:
"Une citoyenne se pointe, se déshabille derrière un paravant et se plonge dans la solution biologique. L'opérateur, un quelconque Jojo, ex-coiffeur, s'affuble du diadème et se penche vers la cliente: "Vous désirez?" - "Ben, à c't'heure, je me verrais bien en Brigitte Bardot", répond la dondon, mais un tantinet plus enveloppée et noiraude. Mon Vassia, il en a pour les noiraudes..." Tu en fais une trombine! Et elle refilera encore un pourboire au Jojo en question. Les clients, eux, se feront transformer en supermen genre Jean Marais ou en beaux ténébreux de type nordique à la Oleg Strijénov. Et la saison d'après, la mode sera aux Lollobrigida et aux Alain Delon, comme c'est la mode de leurs photos..."
Il en est ainsi dans tout le livre: Savtchenko fait quasiment, tout au long des 426 pages, le tour de la question sur les machines évolutives (qu'on pense aussitôt à la fameuse Singularité élaborée par les auteurs anglo-saxons à partir des années 1980), sur la copie intégrale ou modifiée (voire améliorée) d'êtres humains (qu'on pense aux nombreux débats sur le clonage), ou sur la modification même du corps humain dans le but de l'améliorer. Il ne se voile la face sur aucune hypothèse, et en cela rompt la règle en usage dans les oeuvres soviétiques: l'URSS, en tout cas son milieu scientifique, n'est pas parfaite, et n'est pas encore apte à manipuler sans risque toutes les inventions ou tous les concepts ici dévoilés. C'est-là ce qui fait tout le sel de ce roman, finalement très bavard, mais pour le bien du lecteur.
12:07 Publié dans (aut.) Vladimir Savtchenko, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : savtchenko, Савченко
26.06.2009
Andreï Kourkov - Le Pingouin
Certains pourront se demander ce que vient faire un auteur comme Kourkov sur un blog consacré au Fantastique et à la Science Fiction. Et pourtant la seule lecture du Pingouin, son premier comprend, suffit à faire comprendre que le réel n'intéresse cet auteur que pour mieux aller au-delà.

Victor Zolotarev est journaliste, à Kiev. Du moins journaliste au chômage. Il est célbataire, et semble bien parti pour le rester longtemps. Pire, sur un coup de tête, il a adopté un pingouin, plus exactement un manchot, prénommé Micha et donné par le zoo de Kiev qui distribuait ses animaux faute de pouvoir les nourrir.
Pourtant un jour, Zolotarev se voit confier par un journal populaire une tâche bien étrange: rédiger des "petites croix", à savoir des textes nécrologiques sur des personnalités en vue, afin que le journal soit prêt à publier quelque chose en cas de décès inattendu. Mais au fur et à mesure que Victor Zolotarev travail, il se rend compte que les personnes dont il écrit la nécrologie finissent par réellement mourir, le plus souvent de mort violente. Il se retrouve ainsi dans une sombre histoire, qui, au départ, fleurre bon la mafia. Pourtant, on découvre petit à petit qu'il pourrait bien s'agir de tout autre chose.
Kourkov dans ce roman, s'attarde sur l'Ukraine post-soviétique, décrivant une situation qui nous semble, à nous, surréaliste. Drôle de pays, où, comme en Russie, tout peu s'acheter, même le coeur d'un enfant. Mais ce qui fait l'intérêt de ce livre est autre. Le Pingouin est à la fois une comédie, une tragédie, un roman réaliste et un roman fantastique (le texte grouille d'élément totalement irréaliste, et la trâme est finalement bien celle d'une tentation diabolique). Un objet transgenre, dirait-on de nos jours. Zolotarev est un personnage bien trouvé, qui voit impuissant son destin échapper à sa maîtrise, et son patron, Igor Lvovitch, fait figure de parfait Mephistophélès.
Malgré tous ces aspects inhabituels, Le Pingouin est un roman qui se lit tout seul, de par son style simple et limpide. Il constitue l'exemple parfait du roman qui fait réfléchir tout en permettant la détente.
15:00 Publié dans (aut.) Andreï Kourkov, (éd.) Liana Levi, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kourkov, Курков
24.05.2009
Le Fantastique ukrainien moderne
Depuis la dislocation de l'URSS, l'Ukraine se cherche une identité, à l'ombre du "grand frère" russe. L'ukrainien peine à devenir une langue littéraire tant l'usage du russe est répandu dans toutes les couches de la société. Ce problème bien entendu aussi dans le domaine de l'imaginaire, et la plupart des auteurs ukrainiens actuels de Science Fiction et de Fantasy écrivent en russe, le plus souvent d'ailleurs auprès de maisons d'éditions russes.
Il n'empêche que ce fantastique cherche aussi sa voie, son identité propre. C'est dans ce but en quelque sorte qu'à été publié à Kharkov (Kharkiv en ukrainien) en 2007 un remarquable dictionnaire des auteurs du Fantastique ukrainien, Фантасты современной Украины.

Rédigé par A. B. Avakov, A.A. Riabkin, V. K. Mousi, A. N. Makarovski, et surtout Dmitri Gromov et Oleg Ladyjenski, alias Henry Lion Oldie (qui nous ont d'ailleurs transmis cet ouvrage et que nous remercions chaleureusement), et publié en russe, il contient les notices bibliographiques de 64 auteurs de styles et d'époques différentes.
Remarquablement complet, il offre ainsi un panorama intéressant de la diversité de l'Imaginaire ukrainien. Nous ne manquerons donc pas de le mettre à profit pour le développement de ce blog et nos futurs projets éditoriaux.
En attendant, voici quelques portraits d'écrivains dont nous aurons sans doute à reparler:


Andreï Valentinov
(qui a publié quelques romans avec les Oldie)

Vladimir Vassiliev
(un compagnon de route de Sergueï Loukianenko, qui a d'ailleurs co-signé le 2e tome des Sentinelles)

Lioudmila Kozinets
(dont une nouvelle a déjà été traduite en français)

Andreï Kourkov
(l'auteur du Pingouin, un excellent roman satirique)

Léonid Panassenko
(dont trois belles nouvelles sont disponibles en français)

Irina Potanina
(une jeune auteure très prometteuse)

Alexandre Zoritch
(prolifique auteur bicéphale de Khakov)
11:06 Publié dans (aut.) Andreï Kourkov, Auteurs ukrainiens, Essais | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ukraine
19.05.2009
Marina et Sergueï Diatchenko - Quelques romans
Comme de coutume maintenant, nous avons demandé à Marina et Sergueï Diatchenko de nous décrire en quelques lignes les romans qu'ils estiment être essentiels dans leur oeuvre. Ils en ont donc choisi six. Les textes ci-dessous sont d'eux, ainsi que le classement des romans par genre:
Rituel (Ритуал) - 1996
(fantasy lyrique, histoire d’amour)

Depuis des temps immémoriaux, une génération de féroces dragons garous est gouvernée par un rituel, et chaque dragon doit accomplir ce rituel : manger une princesse volée lors d’une cérémonie complexe et sublime. Etant dévoré par un complexe d’infériorité leur dernier descendant, Arman, n’as pas la force d'accomplir ce rituel comme il le faut et il trouve une issue : si, lors d’un combat, un noble chevalier libère la princesse kidnappée alors, le dragon n’aura plus de raison de se mépriser à cause de la non-exécution du rituel...
Mais d’après la loi, un libérateur doit se marier avec une libérée cependant, qui voudra épouser la princesse Iouta, kidnappée (par mégarde) par Arman, si c'est une guenon connue pour son caractère rétif ?
Arman se retrouve dans un piège. Maintenant, même s’il ne le veux pas il sera obligé d’accomplir le rituel...
Cicatrice (Шрам) - 1996
(fantasy, histoire d’amour)

Il arrivait souvent au bretteur et batailleur Eguerte Soll de tuer lors de duels, ainsi un étudiant inconnu n'a pas échappé à la mort, devenant une victime de plus de Soll. Mais il rata le combat suivant et l’épée d’un étrange et impassible inconnu a laissé une profonde trace sur le visage d’Eguerte. Plus tard, cette trace s’est transformée en cicatrice.
La cicatrice sur le visage est une incantation sur l’âme. Une incantation de couardise qui a transformé un combattant excellent en un être peureux, harcelé, chassé par tout le monde. Soll est destiné à passer par de rudes épreuves car c’est seulement la personne qui a posée cette incantation qui peut la lever. Il n’a pas le droit de se tromper, on ne lui a donné qu’une seule chance. Mais s’il en profite il peut perdre son amour...
Lors du deuxième congrès des écrivains du fantastique international en Russie (Strannik-99) on a accordé le prix « L’épée dans le pierre » à ce roman comme meilleure oeuvre de fantasy des années 1995-1996.
Le Siècle de la sorcière (Ведьмин век) - 1997
(fantasy urbaine)

L’action se passe dans une ville industrielle et assez heureuse où parfois, on peut rencontrer des navka, défuntes du genre féminin, méchantes et malheureuses pourchassées par un service spécial « Tchougaïster » qui les cherche pour les tuer d’une manière cruelle (Tchougaïster est un personnage de la mythologie slave qui protège les gens contre les navka, personnes magiques qui ont pris l’apparence d’une personne morte. Tchougaïster les attirent dans des pièges et dévorent). Les sorcières sont une autre chose, elles sont moins dangereuses pour la société, on les révèlent simplement et on les enregistre en ne recourant à l’isolation et à la punition qu’en cas de nécessité absolue. Pour cela il y a une Inquisition. L'héroïne principale réussit depuis longtemps à cacher sa nature de sorcière et même son bien-aimé n'est pas au courant de cela mais il n’y a pas de mystères éternels...
Des circonstances font entrer en collision la jeune fille et le Grand Inquisiteur dont le passé conserve la trace d'une faute tragique : il continuait à aimer sa fiancée morte qui est devenue navka mais il était obligé de la dénoncer au service « Tchougaïster » pour sauver sa propre vie.
L'actions du roman se développe lors de l'irruption d'une catastrophe: la Sorcière-Reine arrive au monde. Elle est très dangereuse pour les gens...
Ce roman a reçu le prix littéraire « Raduga » en 1997 et le prix principal de la convention « Zilatcon », « Grand Zilat » (Kazan, 1998).
Armagued-dom (Армагед-дом) - 2000
(fantastique social)

Ils sont comme nous. Leur ville ressemble aux nôtres, ils ont les mêmes problèmes, leurs enfants deviennent adultes comme les nôtres mais tous les 20 ans, chez eux, arrive la fin de leur monde : la terre se fend, les volcans entrent en éruption, des monstres sortent de la mer... Et seules les Portes, construites par on ne sait qui, sauvent l’humanité. Et tout recommence : ils reconstruisent ce qui était démoli, des enfants naissent. Mais tous ne peuvent survivre à la fin du monde non seulement à cause des éléments mais aussi de la bousculade à côté des Portes...
L'héroïne du roman a vécu une longue vie. Durant toute celle-ci elle luttait pour connaître le bonheur, remportant des victoires, essuyant des défaites. Toute sa vie elle pensait : COMMENT apprendre aux gens à ne pas se piétiner l’un l’autre même devant le danger mortel ?
Ce roman a reçu le prix « Escargot en bronze » (le prix de Boris Strougatski) ainsi que le Prix principal « Sigma-F » de la revue du fantastique Esli comme meilleur roman de 2000.
Vita nostra - 2006
(fantastique social)

La vie de Sacha Samokhina devient un cauchemar. On lui a fait une proposition qu’il lui est difficile de refuser: après avoir terminé l’école, Sacha, contre son gré, entre dans un étrange Institut des Technologies Spéciales. Ici, les étudiants ressemblent aux monstres, et les professeurs, aux anges déchus. Ici, on l’apprend... quoi ? Et qu’est-ce qu’il lui arrivera après la fin des études?
Ce roman a reçu 8 prix littéraires.
Digital ou Brevis est (Цифровой или Brevis est) - 2009
(fantastique social)

L’humanité est un grand bureau où tout le monde manipule tout le monde.
L’adolescent Arsen Snegov, maître en jeux vidéo, l’a compris avant les autres. Les talents du joueur ne passent pas inaperçus : il commence à travailler dans une société étrange qui soi-disant s’occupe de l’élaboration d’un nouveau jeux vidéo... Mais qui sait ce qui se passe exactement dans cette société ?
Ce roman continu le cycle « Métamorphoses » dont le premier roman est Vita Nostra.
13:45 Publié dans (aut.) Marina et Sergueï Diatchenko, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : diatchenko
17.05.2009
Marina et Sergueï Diatchenko - La Vallée de la conscience
Le personnage principal du roman est charmant et a du talent. Ses amis ne peuvent pas vivre sans lui. Sa mère l’adore. Les femmes sont amoureuses de lui. Mais cet amour a un côté négatif : toute personne qu’il rencontre expose sa vie. Qui pourra traverser sans pertes la Vallée de la Conscience ?
C’est ainsi que Marina et Sergueï Diatchenko présentent La Vallée de la conscience (Долина Совести), roman qu’ils classent eux-mêmes dans le genre du « Fantastique social ».

Le personnage principal du roman, Vlad Palï, étant adolescent, découvre un jour qu'il possède une capacité étrange: tous les gens avec lesquels il entre en contact se retrouvent dépendants de lui, attachés à lui par une sorte de liens. Ce sont tout d'abord ses copains, puis sa mère adoptive. Si Vlad part quelque part ils commencent à se sentir mal et ne peuvent se rétablir qu'à son retour. Cette capacité étrange, ces liens font souffrir Vlad mais il ne sait que faire. Un jour, après avoir terminé ses études secondaire, Vlad part dans une autre ville pour entrer à l'Institut. Il passent bien ses examens, on l'admet à l'Institut mais tout à coup, il apprend par les journaux que ses copains sont tombés malades et son meilleur ami est mort. Cette nouvelle bouleverse Vlad et il décide de ne plus entrer en contact avec les gens pour ne pas les attacher par les liens. Il évite les étudiants avec lesquels il fait ses études, il fait la connaissance de filles juste pour deux ou trois jours puis ils se quittent, il change d'Instituts tout le temps. Sa mère adoptive est morte: elle non plus n'a pu supporter le départ de son fils.Vlad se retrouve complètement seul et mène une vie d'ermite.
Un jour, à l'Institut, à la faculté de la philologie, il rencontre une jeune fille, Anna, et tombe amoureux d'elle mais connaissant sa capacité, il n'ose entrer en contact avec elle pour ne pas la faire souffrir. Il garde ses sentiments secrets, lui envoie des petites notes et essaye de la protéger contre les aventuriers.
Le temps passe. Vlad devient un écrivain célèbre, on le reconnaît dans la rue. Son roman sur un troll Gran-Graim a un grand succès et se vend comme de petits pains. Vlad devient riche. Mais comme auparavant il évite les gens, il vit seul dans sa propre maison, souffre de sa capacité et seuls sa correspondance avec Anna et l’écriture de son livre (qui en effet, est l’expression des ses pensées et sentiments) lui font plaisir. Il sait qu'elle est déjà mariée et a deux enfants.
Un jour, par hasard il rencontre une jolie jeune femme, Angela Stakh, et sa vie tourne court. Angela le talonne. Elle se conduit avec agressivité envers lui: elle s'installe dans sa maison et lui dicte ses conditions. Bientôt, Vlad apprend qu'Angela possède aussi cette capacité d'attacher les gens par les liens. Ils se retrouvent ainsi dépendants l'un de l'autre. De temps en temps, Angela lui raconte des épisodes de sa vie, de son enfance. Elle vivait avec sa belle-mère, son père était alcoolique ; à l’âge de 14 ans elle est devenue la concubine d’un vieux directeur de l’usine du village où elle habitait. Ce vieux la violait et maltraitait. Elle s’enfuit en ville, vécut de privations, mais, contrairement à Vlad, essaya de profiter de sa capacité pour attirer des gens riches.
Mais les anciennes relations plus ou moins louches d'Angela vont rattraper le couple qu'elle va à partir de maintenant former avec Vlad, un couple forcé, condamné à une fuite perpétuelle, échappant à plusieurs reprises à des tentatives d'assassinat.
Jouant avec les codes du roman noir sans pour autant écrire un roman policier, les Diatchenko nous livrent-là une description en profondeur de l'antagonisme qui peut exister entre deux personnes ayant le même don, mais étant moralement profondément opposées. L'un veut faire le bien, l'autre se fiche des gens et ne pense qu'à son profit, et pour leur malheur, tous deux sont intimement liés. La Vallée de la conscience n'est pourtant pas un roman manichéen: ses personnages, tout comme l'intrigue, sont subtils et le tout se lit avec passion. Un excellent roman, donc, dans l'abondante production des époux Diatchenko.
10:35 Publié dans (aut.) Marina et Sergueï Diatchenko, (éd.) Eksmo, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.05.2009
Marina et Sergueï Diatchenko - Une interview
Nous avons eu le plaisir de pouvoir poser quelques questions à Marina et Sergueï Diatchenko, au sujet de La Caverne, mais aussi d'un autre roman à paraître en France:
Russkaya Fantastika: Qu'est-ce qui vous a motivé à écrire un roman comme La Caverne?
Sergueï Diatchenko: Ma thèse de doctorat était consacrée à la génétique de la criminalité, et c'est donc depuis longtemps que je réfléchis au phénomène de la violence, à ses racines et à sa prévention. Avec Marina nous avons souvent discuté de ce qu'est l'agression et de ce qu'est la « victimité ». Et est-il possible d'imaginer une société sans cette agression? C'est à la suite de ces discussions que le roman la « Caverne » est né.
Marina Diatchenko: Pas du tout. C'est un traité qui aurait pu naître à la suite de ces discussions mais pas un roman. Ce sont des associations fortuites, des sensations vagues, des images, des caractères, des détails frappants qui sont devenus le motif de la naissance de ce roman. Et seulement après, tout cela a commencé à se réunir en une histoire cohérente.
RF: Où se trouve la Caverne? Est-ce un univers parallèle? Ou notre monde dans un lointain futur?
Marina et Sergueï: Ici, chaque lecteur est en droit de penser à sa guise. A quoi cela servirait-il de détruire une certaine intrigue en la révélant dans notre réponse? Il peut exister d'autres interprétations.
RF: Ce roman sonne comme une charge contre le milieu de la psychiatrie. Etes-vous en froid avec cette profession?
Sergueï: Non, pas du tout! Je suis moi-même psychiatre. C'est un travail très dur mais aussi très nécessaire. Tout le monde est au bord de la folie. La civilisation est atteinte de schizophrénie. Qui va la soigner?
Marina: Sergueï aime vraiment la psychiatrie, il sent bien les gens, sait manier l'hypnose et beaucoup d'autres choses. Dans le roman nous ne voulions pas du tout attaquer les psychiatres parce que ce sont eux qui ont construit le monde que beaucoup de nos lecteurs considèrent comme une excellente utopie.
Sergueï: D'autres prouvent avec passion que le monde de la « Caverne » est au contraire, une sombre anti-utopie.
RF: En définitive, êtes-vous d'accord avec cette classification des personnes en victimes et prédateurs?
Sergueï: Cette simple arithmétique est alléchante depuis l'époque de Francis Galton et Cesare Lombroso, mais la vie est plus compliquée que les mathématiques de non-euclidiennes. La génétique n'est pas un fatum, et une victime peut bien se transformer en animal peut-être peureux mais insolent et agressif.
Marina: L'héroïne principale du roman La Caverne réfute justement tout ce schéma de classification. Elle en est extérieure.
RF: Est-ce qu'on peut dire que Pavla Nirombets et Raman Kovitch vous ressemblent quelque part?
Marina: Tous nos héros nous ressemblent quelque part. Comme chez tout écrivain.
Sergueï: Pas tout à fait comme ça. Kovitch est une image collective, le résultat de l'observation de certains metteurs en scène. Mais Pavla a été esquissée avec les traits de caractère de plusieurs de nos amis. Marina et même moi nous ne sommes pas aussi désordonnées dans la vie que notre chère Pavla. Bien que sous le rapport de l'anti-victimisation et de l'obstination nous puissions l'envier.
RF: Dans vos oeuvres, la psychologie des personnages occupent une place importante, beaucoup plus que l'action. Vos personnages semblent souvent au bord de la folie. Pourquoi vouloir les emmener jusqu'à ce stade? Un héros fort ne vous conviendrait-il pas?
Marina: Permettez-moi de ne pas être d'accord avec vous. Est-ce que les personnages de La Caverne, Kovitch et Tritan, ne sont pas des personnes fortes et d'un seul tenant, ou, par exemple, l'héroïne du roman Armagued-dom, Lidia Sotova, qui a un caractère de fer et une volonté inflexible? Pour le personnage principal du roman Vita nostra, Sachka Samokhina, c'est la même chose: en passant par de rudes épreuves, elle devient aguerrie...
Sergueï: Mais la psychologie est vraiment notre marotte. Cela nous intéresse. Surtout quand un héros se heurte à un dilemme éthique insoluble à cause duquel il est obligé de modifier l'interprétation de toute sa vie.
RF: Qu'est-ce qui vous a donné l'envie d'écrire ensemble?
Marina et Sergueï: L'amour.
RF: Un de vos romans, Varan, doit sortir dans quelques mois en France, dans la collection Wiz d'Albin Michel. Pourriez-vous nous en dire quelques mots?
Marina et Sergueï: C'est un de nos romans préférés. De la fantasy, un récit de voyage original. Notre soif de voyager inapaisée y a été peut-être concentrée – nous avons parcouru la moitié du monde mais nous n'avons vu, n'avons senti qu'un fragment d'un grand kaléidoscope. Qu'est-ce qu'il y a là-bas, derrière l'horizon? De plus, dans ce roman nous essayions de comprendre ce que c'était le miracle, la création, le bonheur... Ce sont les questions éternelles non seulement pour l'adolescent mais aussi pour l'adulte – au moins pour des adultes tels que nous. Mais voici ce qu'un critique a dit de ce roman: " Il est question dans ce roman des voyages d'un salaud, Varan, qui a quitté sa fiancée, refusé la carrière de fonctionnaire au service de l'empereur et la vie confortable d'artisan pour trouver un jour l'Etincelle Errante – un supposé démiurge de ce monde qui, comme le dit une légende, vagabonde dans les village et partage avec les gens une force magique: après son départ, des magiciens naissent dans les maisons qu'il a visitées. Les chapitres où Varan atteint presque le mystérieux vieillard se lisent avec une tension sincère mais la fin de la poursuite est inattendue pour ceux qui sont habitués aux sujets banals".
07:29 Publié dans (aut.) Marina et Sergueï Diatchenko, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : diatchenko
13.05.2009
Marina et Sergueï Diatchenko - La Caverne: une critique
Après publié la série des Sentinelles de Sergueï Loukianenko (en "littérature générale"!), voilà que les éditions Albin Michel récidivent avec La Caverne (Пещера), un roman de Marina et Sergueï Diatchenko initialement publié en 1997 chez Azbouka et disponible actuellement en russe chez Eksmo.



14:24 Publié dans (aut.) Marina et Sergueï Diatchenko, (éd.) Albin Michel, Auteurs ukrainiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : diatchenko, Дяченко


