10.12.2009

Le sommaire de Dimension Russie

Le travail sur Dimension Russie avance. Et les traductions (qui sont cette fois-ci toutes de nous) sont maintenant achevées. Certes, il reste à tout relire et surtout à rédiger l'introduction et le dictionnaire des auteurs. Mais du coup, nous sommes tout de même déjà en mesure de dévoiler le sommaire:

Vladimir Pokrovski, "Avant propos"
Viktoriya et Patrice Lajoye, "Préface"
Pavel Amnouel, Le Rayon vert
Henry Lion Oldie, Relève-toi, Lazar
Marina et Sergueï Diatchenko, Les Ailes
Mikhaïl Ouspenski et Andreï Lazartchouk, "Le Jeune Communiste de Mordovie", sous-marin jaune
Andreï Salomatov, La Fête
Henry Lion Oldie, Viens me voir dans ma solitude...
Marina et Sergueï Diatchenko, Basket-Ball
Sergueï Pali, La Sirène
Iouli Bourkine, Le Papillon et le basilic

Tous les genres sont abordés dans ce sommaire, même si, en définitive, les textes réellement inclassables forment la majorité.

Allez, plus que quelques mois à attendre!

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19.11.2009

Prix Strannik 2008

Le palmarès du prix Strannik (Pélerin) pour les oeuvres parues en 2008 est tombé il y a quelques jours.

Ont ainsi été primés:

Pour le meilleur sujet: Dmitri Kolodan, L'Autre côté (Другая сторона).

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Pour un style brillant: Evguéni Loukine (encore lui! quel prix n'a-t-il donc pas encore obtenu?), Notre Vie avec des trous (Бытие наше дырчатое).

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Pour une idée originale: Marina et Sergueï Diatchenko, Roi du cuivre (Медный король).

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Pour une image du futur: Nikolaï Gorkavi, L'Habitante de l'astéroïde (Астровитянка).

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Bien des choses à lire encore...

19.05.2009

Marina et Sergueï Diatchenko - Quelques romans

Comme de coutume maintenant, nous avons demandé à Marina et Sergueï Diatchenko de nous décrire en quelques lignes les romans qu'ils estiment être essentiels dans leur oeuvre. Ils en ont donc choisi six. Les textes ci-dessous sont d'eux, ainsi que le classement des romans par genre:

Rituel (Ритуал) - 1996

(fantasy lyrique, histoire d’amour)

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Depuis des temps immémoriaux, une génération de féroces dragons garous est gouvernée par un rituel, et chaque dragon doit accomplir ce rituel : manger une princesse volée lors d’une cérémonie complexe et sublime. Etant dévoré par un complexe d’infériorité leur dernier descendant, Arman, n’as pas la force d'accomplir ce rituel comme il le faut et il trouve une issue : si, lors d’un combat,  un noble chevalier libère la princesse kidnappée alors, le dragon n’aura plus de raison de se mépriser à cause de la non-exécution du rituel...
Mais d’après la loi, un libérateur doit se marier avec une libérée cependant, qui voudra épouser la princesse Iouta, kidnappée (par mégarde) par Arman, si c'est une guenon connue pour son caractère rétif ?
Arman se retrouve dans un piège. Maintenant, même s’il ne le veux pas il sera obligé d’accomplir le rituel...

Cicatrice (Шрам) - 1996

(fantasy, histoire d’amour)

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Il arrivait souvent au bretteur et batailleur Eguerte Soll de tuer lors de duels, ainsi un étudiant inconnu n'a pas échappé à la mort, devenant une victime de plus de Soll. Mais il rata le combat suivant et l’épée d’un étrange et impassible inconnu a laissé une profonde trace sur le visage d’Eguerte. Plus tard, cette trace s’est transformée en cicatrice.
La cicatrice sur le visage est une incantation sur l’âme. Une incantation de couardise qui a transformé un combattant excellent en un être peureux, harcelé, chassé par tout le monde. Soll est destiné à passer par de rudes épreuves car c’est seulement la personne qui a posée cette incantation qui peut la lever. Il n’a pas le droit de se tromper, on ne lui a donné qu’une seule chance. Mais s’il en profite il peut perdre son amour...
Lors du deuxième congrès des écrivains du fantastique international en Russie (Strannik-99) on a accordé le prix «  L’épée dans le pierre » à ce roman comme meilleure oeuvre de fantasy des années 1995-1996.

Le Siècle de la sorcière (Ведьмин век) - 1997

(fantasy urbaine)

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L’action se passe dans une ville industrielle et assez heureuse où parfois, on peut rencontrer des navka, défuntes du genre féminin, méchantes et malheureuses pourchassées par un service spécial « Tchougaïster » qui les cherche pour les tuer d’une manière cruelle (Tchougaïster est un personnage de la mythologie slave qui protège les gens contre les navka, personnes magiques qui ont pris l’apparence d’une personne morte. Tchougaïster les attirent dans des pièges et dévorent). Les sorcières sont une autre chose, elles sont moins dangereuses pour la société, on les révèlent simplement et on les enregistre en ne recourant à l’isolation et à la punition qu’en cas de nécessité absolue. Pour cela il y a une Inquisition. L'héroïne principale réussit depuis longtemps à cacher sa nature de sorcière et même son bien-aimé n'est pas au courant de cela mais il n’y a pas de mystères éternels...
Des circonstances font entrer en collision la jeune fille et le Grand Inquisiteur dont le passé conserve la trace d'une faute tragique : il continuait à aimer sa fiancée morte qui est devenue navka mais il était obligé de la dénoncer au service « Tchougaïster » pour sauver sa propre vie.
L'actions du roman se développe lors de l'irruption d'une catastrophe: la Sorcière-Reine arrive au monde. Elle est très dangereuse pour les gens...
Ce roman a reçu le prix littéraire « Raduga » en 1997 et le prix principal de la convention « Zilatcon », « Grand Zilat » (Kazan, 1998).

Armagued-dom (Армагед-дом) - 2000

(fantastique social)

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Ils sont comme nous. Leur ville ressemble aux nôtres, ils ont les mêmes problèmes, leurs enfants deviennent adultes comme les nôtres mais tous les 20 ans, chez eux, arrive la fin de leur monde : la terre se fend, les volcans entrent en éruption, des monstres sortent de la mer... Et seules les Portes, construites par on ne sait qui, sauvent l’humanité. Et tout recommence : ils reconstruisent ce qui était démoli, des enfants naissent. Mais tous ne peuvent survivre à la fin du monde non seulement à cause des éléments mais aussi de la bousculade à côté des Portes...
L'héroïne du roman a vécu une longue vie. Durant toute celle-ci elle luttait pour connaître le bonheur, remportant des victoires, essuyant des défaites. Toute sa vie elle pensait : COMMENT apprendre aux gens à ne pas se piétiner l’un l’autre même devant le danger mortel ?
Ce roman a reçu le prix « Escargot en bronze » (le prix de Boris Strougatski) ainsi que le Prix principal « Sigma-F » de la revue du fantastique Esli comme meilleur roman de 2000.

Vita nostra - 2006
(fantastique social)

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La vie de Sacha Samokhina devient un cauchemar. On lui a fait une proposition qu’il lui est difficile de refuser: après avoir terminé l’école, Sacha, contre son gré, entre dans un étrange Institut des Technologies Spéciales. Ici, les étudiants ressemblent aux monstres, et les professeurs, aux anges déchus. Ici, on l’apprend... quoi ? Et qu’est-ce qu’il lui arrivera après la fin des études?
Ce roman a reçu 8 prix littéraires.

Digital ou Brevis est (Цифровой или Brevis est) - 2009

(fantastique social)

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L’humanité est un grand bureau où tout le monde manipule tout le monde.
L’adolescent Arsen Snegov, maître en jeux vidéo, l’a compris avant les autres. Les talents du joueur ne passent pas inaperçus : il commence à travailler dans une société étrange qui soi-disant s’occupe de l’élaboration d’un nouveau jeux vidéo... Mais qui sait ce qui se passe exactement dans cette société ?
Ce roman continu le cycle « Métamorphoses » dont le premier roman est Vita Nostra.

17.05.2009

Marina et Sergueï Diatchenko - La Vallée de la conscience

Le personnage principal du roman est charmant et a du talent. Ses amis ne peuvent pas vivre sans lui. Sa mère l’adore. Les  femmes sont amoureuses de lui. Mais cet amour a un côté négatif : toute personne qu’il rencontre expose sa vie. Qui pourra traverser sans pertes la Vallée de la Conscience ?

C’est ainsi que Marina et Sergueï Diatchenko présentent La Vallée de la conscience (Долина Совести), roman qu’ils classent eux-mêmes dans le genre du « Fantastique social ».

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Le personnage principal du roman, Vlad Palï, étant adolescent, découvre un jour qu'il possède une capacité étrange: tous les gens avec lesquels il entre en contact se retrouvent dépendants de lui, attachés à lui par une sorte de liens. Ce sont tout d'abord ses copains, puis sa mère adoptive. Si Vlad part quelque part ils commencent à se sentir mal et ne peuvent se rétablir qu'à son retour. Cette capacité étrange, ces liens font souffrir Vlad mais il ne sait que faire. Un jour, après avoir terminé ses études secondaire, Vlad part dans une autre ville pour entrer à l'Institut. Il passent bien ses examens, on l'admet à l'Institut mais tout à coup, il apprend par les journaux que ses copains sont tombés malades et son meilleur ami est mort. Cette nouvelle bouleverse Vlad et il décide de ne plus entrer en contact avec les gens pour ne pas les attacher par les liens. Il évite les étudiants avec lesquels il fait ses études, il fait la connaissance de filles juste pour deux ou trois jours puis ils se quittent, il change d'Instituts tout le temps. Sa mère adoptive est morte: elle non plus n'a pu supporter le départ de son fils.Vlad se retrouve complètement seul et mène une vie d'ermite.

Un jour, à l'Institut, à la faculté de la philologie, il rencontre une jeune fille, Anna, et tombe amoureux d'elle mais connaissant sa capacité, il n'ose entrer en contact avec elle pour ne pas la faire souffrir. Il garde ses sentiments secrets, lui envoie des petites notes et essaye de la protéger contre les aventuriers.

Le temps passe. Vlad devient un écrivain célèbre, on le reconnaît dans la rue. Son roman sur un troll Gran-Graim a un grand succès et se vend comme de petits pains. Vlad devient riche. Mais comme auparavant il évite les gens, il vit seul dans sa propre maison, souffre de sa capacité et seuls sa correspondance avec Anna et l’écriture de son livre (qui en effet, est l’expression des ses pensées et sentiments)  lui font plaisir. Il sait qu'elle est déjà mariée et a deux enfants.

Un jour, par hasard il rencontre une jolie jeune femme, Angela Stakh, et sa vie tourne court. Angela le talonne. Elle se conduit avec agressivité envers lui: elle s'installe dans sa maison et lui dicte ses conditions. Bientôt, Vlad apprend qu'Angela possède aussi cette capacité d'attacher les gens par les liens. Ils se retrouvent ainsi dépendants l'un de l'autre. De temps en temps, Angela lui raconte des épisodes de sa vie, de son enfance. Elle vivait avec sa belle-mère, son père était alcoolique ; à l’âge de 14 ans elle est devenue la concubine d’un vieux directeur de l’usine du village où elle habitait. Ce vieux la violait et maltraitait. Elle s’enfuit en ville, vécut de privations, mais, contrairement à Vlad, essaya de profiter de sa capacité pour attirer des gens riches.

Mais les anciennes relations plus ou moins louches d'Angela vont rattraper le couple qu'elle va à partir de maintenant former avec Vlad, un couple forcé, condamné à une fuite perpétuelle, échappant à plusieurs reprises à des tentatives d'assassinat.

Jouant avec les codes du roman noir sans pour autant écrire un roman policier, les Diatchenko nous livrent-là une description en profondeur de l'antagonisme qui peut exister entre deux personnes ayant le même don, mais étant moralement profondément opposées. L'un veut faire le bien, l'autre se fiche des gens et ne pense qu'à son profit, et pour leur malheur, tous deux sont intimement liés. La Vallée de la conscience n'est pourtant pas un roman manichéen: ses personnages, tout comme l'intrigue, sont subtils et le tout se lit avec passion. Un excellent roman, donc, dans l'abondante production des époux Diatchenko.

15.05.2009

Marina et Sergueï Diatchenko - Une interview

Nous avons eu le plaisir de pouvoir poser quelques questions à Marina et Sergueï Diatchenko, au sujet de La Caverne, mais aussi d'un autre roman à paraître en France:



Russkaya Fantastika: Qu'est-ce qui vous a motivé à écrire un roman comme La Caverne?

Sergueï Diatchenko: Ma thèse de doctorat était consacrée à la génétique de la criminalité, et c'est donc depuis longtemps que je réfléchis au phénomène de la violence, à ses racines et à sa prévention. Avec Marina nous avons souvent discuté de ce qu'est l'agression et de ce qu'est la « victimité ». Et est-il possible d'imaginer une société sans cette agression? C'est à la suite de ces discussions que le roman la « Caverne » est né.

Marina Diatchenko: Pas du tout. C'est un traité qui aurait pu naître à la suite de ces discussions mais pas un roman. Ce sont des associations fortuites, des sensations vagues, des images, des caractères, des détails frappants qui sont devenus le motif de la naissance de ce roman. Et seulement après, tout cela a commencé à se réunir en une histoire cohérente.

RF: Où se trouve la Caverne? Est-ce un univers parallèle? Ou notre monde dans un lointain futur?

Marina et Sergueï: Ici, chaque lecteur est en droit de penser à sa guise. A quoi cela servirait-il de détruire une certaine intrigue en la révélant dans notre réponse? Il peut exister d'autres interprétations.


RF: Ce roman sonne comme une charge contre le milieu de la psychiatrie. Etes-vous en froid avec cette profession?

Sergueï: Non, pas du tout! Je suis moi-même psychiatre. C'est un travail très dur mais aussi très nécessaire. Tout le monde est au bord de la folie. La civilisation est atteinte de schizophrénie. Qui va la soigner?

Marina: Sergueï aime vraiment la psychiatrie, il sent bien les gens, sait manier l'hypnose et beaucoup d'autres choses. Dans le roman nous ne voulions pas du tout attaquer les psychiatres parce que ce sont eux qui ont construit le monde que beaucoup de nos lecteurs considèrent comme une excellente utopie.

Sergueï: D'autres prouvent avec passion que le monde de la « Caverne » est au contraire, une sombre anti-utopie.


RF: En définitive, êtes-vous d'accord avec cette classification des personnes en victimes et prédateurs?

Sergueï: Cette simple arithmétique est alléchante depuis l'époque de Francis Galton et Cesare Lombroso, mais la vie est plus compliquée que les mathématiques de non-euclidiennes. La génétique n'est pas un fatum, et une victime peut bien se transformer en animal peut-être peureux mais insolent et agressif.

Marina: L'héroïne principale du roman La Caverne réfute justement tout ce schéma de classification. Elle en est extérieure.


RF: Est-ce qu'on peut dire que Pavla Nirombets et Raman Kovitch vous ressemblent quelque part?

Marina: Tous nos héros nous ressemblent quelque part. Comme chez tout écrivain.

Sergueï: Pas tout à fait comme ça. Kovitch est une image collective, le résultat de l'observation de certains metteurs en scène. Mais Pavla a été esquissée avec les traits de caractère de plusieurs de nos amis. Marina et même moi nous ne sommes pas aussi désordonnées dans la vie que notre chère Pavla. Bien que sous le rapport de l'anti-victimisation et de l'obstination nous puissions l'envier.



RF: Dans vos oeuvres, la psychologie des personnages occupent une place importante, beaucoup plus que l'action. Vos personnages semblent souvent au bord de la folie. Pourquoi vouloir les emmener jusqu'à ce stade? Un héros fort ne vous conviendrait-il pas?

Marina: Permettez-moi de ne pas être d'accord avec vous. Est-ce que les personnages de La Caverne, Kovitch et Tritan, ne sont pas des personnes fortes et d'un seul tenant, ou, par exemple, l'héroïne du roman Armagued-dom, Lidia Sotova, qui a un caractère de fer et une volonté inflexible? Pour le personnage principal du roman Vita nostra, Sachka Samokhina, c'est la même chose: en passant par de rudes épreuves, elle devient aguerrie...

Sergueï: Mais la psychologie est vraiment notre marotte. Cela nous intéresse. Surtout quand un héros se heurte à un dilemme éthique insoluble à cause duquel il est obligé de modifier l'interprétation de toute sa vie.


RF: Qu'est-ce qui vous a donné l'envie d'écrire ensemble?

Marina et Sergueï: L'amour.


RF: Un de vos romans, Varan, doit sortir dans quelques mois en France, dans la collection Wiz d'Albin Michel. Pourriez-vous nous en dire quelques mots?

Marina et Sergueï: C'est un de nos romans préférés. De la fantasy, un récit de voyage original. Notre soif de voyager inapaisée y a été peut-être concentrée – nous avons parcouru la moitié du monde mais nous n'avons vu, n'avons senti qu'un fragment d'un grand kaléidoscope. Qu'est-ce qu'il y a là-bas, derrière l'horizon? De plus, dans ce roman nous essayions de comprendre ce que c'était le miracle, la création, le bonheur... Ce sont les questions éternelles non seulement pour l'adolescent mais aussi pour l'adulte – au moins pour des adultes tels que nous. Mais voici ce qu'un critique a dit de ce roman: " Il est question dans ce roman des voyages d'un salaud, Varan, qui a quitté sa fiancée, refusé la carrière de fonctionnaire au service de l'empereur et la vie confortable d'artisan pour trouver un jour l'Etincelle Errante – un supposé démiurge de ce monde qui, comme le dit une légende, vagabonde dans les village et partage avec les gens une force magique: après son départ, des magiciens naissent dans les maisons qu'il a visitées. Les chapitres où Varan atteint presque le mystérieux vieillard se lisent avec une tension sincère mais la fin de la poursuite est inattendue pour ceux qui sont habitués aux sujets banals".

 

13.05.2009

Marina et Sergueï Diatchenko - La Caverne: une critique

Après publié la série des Sentinelles de Sergueï Loukianenko (en "littérature générale"!), voilà que les éditions Albin Michel récidivent avec La Caverne (Пещера), un roman de Marina et Sergueï Diatchenko initialement publié en 1997 chez Azbouka et disponible actuellement en russe chez Eksmo.

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Le monde de la Caverne est un monde étrange: on n'y connaît pas la guerre, les meurtres n'y existent pas, pas plus que les agressions et autres crimes et délits. Il faut dire que la population dispose d'un moyen radical d'évacuer ses pulsions: la Caverne. La nuit, tout le monde s'y retrouve, sous la forme d'animaux. Ces animaux diffèrent en fonction du caractère de l'individu. Ainsi, les "victimes" idéales de la société y apparaissent sous forme de "daines", de gracieux ongulés agiles mais sans défense, alors que les maîtres, ceux qui sont dotés d'un instinct de domination fort, s'y retrouvent sous la forme de "starks", de puissants prédateurs auquel nul ne peut échapper. Et entre les deux il est possible de trouver diverses formes de vie formant ainsi un écosystème stable. Et lorsque qu'un prédateur tue sa proie, on la retrouve au matin dans son lit, morte. Les médias annoncent alors: "Son sommeil était profond et la mort survint naturellement". Quand au prédateur, il se réveille en ayant tout oublié.
Nul ne peut donc échapper à un stark. Et pourtant, la jeune Pavla Nimrobets, une simple employée dans une chaîne de télévision, daine dans la Caverne, échappe trois nuits de suite à un stark qui semble la poursuivre. Pire: elle reconnaît en Raman Kovitch, un metteur en scène de théâtre de génie, son prédateur. Or en principe, on ne peut pas reconnaître quelqu'un croisé sous sa forme animale dans la Caverne.
Elle prend alors contact avec un service d'aide psychiatrique, où elle recontre Tritan Todine, un jeune homme qui va la soutenir, quitte à lui mentir, jusqu'à la soutenir et devenir son mari.
Pavla, de fait, va se retrouver au centre de toutes les attentions de ceux qui contrôlent la Caverne: elle est un cas unique, une personne dotée d'une chance phénoménale, que tous vont vouloir étudier, parfois comme un vulgaire cobaye. Petit à petit des factions vont se dévoiler au sein de ce pouvoir occulte, au point de transformer la jeune fille en victime d'une chasse en plein jour.
La Caverne a donc tous les ingrédients d'un bon thriller. Le lecteur est poussé petit à petit dans les doutes de Pavla sur sa propre santé mentale. Son amant est-il un traître? Raman Kovitch, ce metteur en scène grandiose, n'est-il qu'un bourreau, ou bien un bienfaiteur de l'Humanité en voulant mettre celle-ci face à ses pulsions dans une pièce de théâtre particulièrement audacieuse?
On bascule dans le doute en permanence, et ce jusqu'à la fin du livre.
Ce monde si particulier de la Caverne est-il une utopie gérée par des psychiatres bienveillants ou bien au contraire une dystopie, objet d'expérience de ces mêmes psychiatres? Là est le point fort du roman car c'est au lecteur de trancher, de faire son choix en fonction de ses propres affinités. Jamais les Diatchenko ne prennent partie, jamais ils ne dénoncent ou au contraire encensent ce système pour le moins étrange et en tout cas stable: il semble durer depuis au moins trois siècles! Et choisir entre utopie et dystopie s'avère particulièrement délicat: tous les habitants de ce monde sont au courant de la Caverne. Tous la craignent, et pourtant tous l'acceptent aussi, de plus ou moins bon gré. C'est là un des caractères nouveaux, en tout cas peu fréquent dans la littérature de l'imaginaire occidental, de ce roman.
On regrettera toutefois quelques petits défauts de structure interne, notamment des flash backs concernant Todine qui n'était pas vraiment utiles et qui tombent en plein milieu de chapitre. Mais ces petits défauts sont peu de chose dans un roman particulièrement original et prenant.

11.05.2009

Marina et Sergueï Diatchenko - Une présentation rapide

Après avoir pris le temps, depuis la parution française de La Caverne chez Albin Michel en mars dernier, de rassembler tous les éléments nécessaires, nous allons entamer à partir d'aujourd'hui une petite "semaine Diatchenko", en publiant tous les deux jours une note qui leur sera consacrée, avec, vendredi prochain, la publication d'une interview qu'ils nous ont accordé ces derniers jours.

Mais tout d'abord, pour commencer, voici une courte présentation de ces deux auteurs remarquables.

Sergueï est docteur en psychiatrie, mais aussi scénariste pour le cinéma. Marina était actrice de cinéma et de théâtre. Mais c'est la littérature qui les a réunis. Ils ont écrit 24 romans, des dizaines de récits et nouvelles dont le tirage total dépasse le million d'exemplaires. En général, leurs oeuvres sont éditées par une des plus grosses maisons russes, Eksmo.

Leurs oeuvres les plus connues sont les romans Rituel (Ритуал), Cicatrice (Шрам), Le Siècle de la sorcière (Ведьмин век), La Caverne (Пещера), La Vallée de la conscience (Долина совести), Pandem (Пандем), Vita nostra (Vita nostra), Tout est permis aux magiciens (Магам можно все), Armaged-dom (Армагед-дом), ainsi que les nouvelles Kon (Кон), Baskett Ball (Баскетбол), et bien d'autres.

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Marina et Sergueï ont reçu plus de 60 prix que ce soit littéraires ou cinématographiques. Parmi les prix littéraires, on peut noter le Aelita (pour la contribution au fantastique), l'Escargot de Bronze (le prix de Boris Strougatski) et le prix commémoratif de Kir Boulytchov, pour l'humanisme dans l'art.

Lors de l'Eurocon 2005, à Glasgow, ils ont été nommés, suite au vote des représentants des 24 pays, meilleurs écrivains du fantastique européen.

C'est d'après leur scénario que Fiodor Bondartchouk a tourné L'Île habitée, adaptation à l'écran du roman des frères Strougatski. Le Siècle de la sorcière est en cours d'adaptation à Moscou, de même qu'une série produite par A. Rodnianski va être tournée d'après le scénario qu'ils ont écrit en adaptant La Garde blanche, le roman de Mikhaïl Boulgakov.

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De gauche à droite: A. Rodnianski, Sergueï et Marina Diatchenko, Fiodor Bondartchouk

06.03.2009

Quelques informations diverses

Voici quelques informations sur des publications importantes à venir:

Sergueï Loukianenko a achevé son travail sur le roman du fantasy humoristique L'Empoté (Недотепа). L’action du roman se passe dans une époque pseudo-médiévale. Le personnage principal est le jeune fils, nommé Empoté, d’un duc. Ce duc est détrôné frauduleusement. En essayant de recouvrer l’héritage de son père, le jeune homme devient le disciple d’un mage. Ce roman doit sortir en avril-mai aux éditions Ast.


Les écrivains de Kharkov Henry Lion Oldie et A. Valentinov ont terminé la rédaction du troisième et dernier livre du roman Alioumen ou Opéra de la Terre (Алюмен, или Земная опера). Les éditions Eksmo  envisagent de sortir au début de l’automne la partie finale de cette trilogie Le Mécanisme de la vie (Механизм жизни).


Les écrivains de Kiev Marina et Sergueï Diatchenko ont achevé leur nouveau roman intitulé Digital ou BREVIS EST (Цифровой, или BREVIS EST). Le livre doit sortir cette année aux éditions Eksmo.

19.02.2009

Marina et Sergueï Diatchenko - La Caverne

Bonne nouvelle!

Le 4 mars prochain, paraîtra en librairie, chez Albin Michel, un roman des époux Diatchenko, La Caverne.

Espérons que ce roman, traduit par Antoinette Roubichou-Stretz, rencontrera le même succès que ceux de Sergueï Loukianenko, chez le même éditeur.