21.12.2009

Et maintenant, la couverture de Stalker

Après avoir dévoilé la couverture de L'Île habitée, Lasth nous montre maintenant sur le Moonmotel l'illustration qui a été retenue pour Stalker, qui sortira aussi en avril 2010 chez Denoël, dans une traduction révisée par nous.

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Elle exprime merveilleusement bien la solitude et la petitesse du stalker face à une "zone" qui le dépasse, comme elle dépasse tout le monde.

17.12.2009

L'Île habitée: la couverture définitive

Et voici maintenant la version définitive de l'illustration prévue pour la réédition de L'Île habitée, des frères Strougatski, chez Denoël en mai prochain. Elle est de Lasth et elle est très réussie:

 

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Pour expliquer le processus de création, Lasth a fait une petite note sur le Moonmotel.

01.12.2009

Les Strougatski en 2010 chez Denoël

Nous vous l'annoncions dans notre précédente note: deux romans des frères Strougatski sont à paraître en 2010 dans la collection Lunes d'Encre chez Denoël.

Cela vient donc d'être officialisé: L'Île habitée et Stalker sont prévus pour avril prochain.

 

29.11.2009

Des projets de couvertures pour les Strougatski

Le travail de réédition des oeuvres des frères Strougatski chez Denoël se poursuit, avec toujours des traductions révisées par l'une d'entre nous, et après Il est difficile d'être un dieu, déjà paru, voici que s'annoncent L'Île habitée et Stalker, tous deux à paraître pour 2010, sans doute dans le courant du première semestre.

Et Gilles Dumay, directeur de la collection Lunes d'Encre, a déjà publié sur son blog les différents projets de couverture, toujours par le très talentueux Lasth.

Ici pour L'Île habitée...

Et là pour Stalker...

Si l'on devait jouer le jeu des préférences, nous dirions sans conteste que celle-ci va à ce projet là pour L'Île habitée:

 

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Et à ce projet ci pour Stalker:

 

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Mais il ne s'agit bien sûr que d'un travail en cours, les choses peuvent encore évoluer.

15.09.2009

Une nouvelle d'Arkadi et Boris Strougatski - Le robot déchaîné

Lorsque l'on est bibliophile, il arrive de tomber sur des choses intéressantes, dans des supports particulièrement inattendus. Ainsi, il y a quelques mois, notre ami Joseph Altairac nous avait signalé une nouvelle d'Arkadi et Boris Strougatski, publiée dès 1958 (les deux frères débutent leur carrière en 1956, rappelons-le), dans la revue de propagande France-URSS.

La nouvelle en question, Le Robot déchaîné, porte en fait le titre original de Réflexe spontané, titre qu'elle reprendra lors de sa nouvelle parution dans l'anthologie Le Messager du cosmos, publiée au début des années 1960 par les Editions en Langues étrangères de Moscou.

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La traduction est ici anonyme. Nous reproduisons cette nouvelle avec l'aimable accord de Joachim Rottensteiner, agent de Boris Strougatski, que nous remercions.

© Arkadi et Boris Strougatski. Reproduction soumise à autorisation.

Cliquez sur les vignettes pour les agrandir.

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16.07.2009

Arkadi et Boris Strougatski - La Sorcière: un texte inédit

Nous vous en parlions il y a quelques temps, les frères Strougatski ont reçu en mai dernier un prix pour un récit inédit, La Sorcière (Ведьма), découvert dans les archives d'Arkadi, léguées à sa fille, par leur biographe, Ant Skalandis, et publié dans le n°2 de 2008 (avril) de la revue L'Art du cinéma (Искусство кино).

En réalité, le texte fut écrit au début de 1981 par le seul Arkadi, à la demande d'Andreï Tarkovski, Boris ayant refusé de travailler sur ce scénario, le projet étant examiné seulement au travers d'une correspondance. Le texte écrit par Arkadi était donc considéré perdu. Et cette publication inattendue a permis en définitive de découvrir une des premières ébauches de ce qui deviendra, après le passage de Tarkovski à l'Ouest, Le Sacrifice.

Le texte d'Arkadi Strougatski a pour personnage central (on ne peut parler de héros) Maxime Akromis, professeur reconnu de philosophie. La doctrine pronée par Akromis est le thanatisme: la mort serait le vrai but de la vie, il ne faudrait donc pas en avoir peur. "Mesdames, messieurs, rejetez votre peur de la mort car le plus intéressant et le plus beau nous attend là-bas, au-delà du seuil de Thanatos", dit-il notamment lors d'une émission de télévision. Mais le docteur du philosophe lui annonce qu'il est atteint d'un cancer, et qu'il peut en mourir très rapidement.

Plus tard, un inconnu lui téléphone et lui annonce qu'il peut être sauvé s'il arrive à séduire et coucher avec une jeune sorcière, dont on lui fournit les coordonnées. S'ensuivra un ballet amoureux entre le philosophe désespéré, contre-exemple de ses propres opinions, et la sorcière, séduisante et énigmatique renarde.


La parenté avec ce qui deviendra la scénario définitif d'Andrei Tarkovski est certaine: on retrouve l'idée d'amour charnel salvateur, entre une sorcière et un homme. Mais alors qu'Alexandre, dans le scénario définitif, ancien comédien, croit sauver le monde par cet acte, chez Strougatski, c'est-lui même que le personnage sauve, contre la maladie, et surtout contre ses propres idées. La portée des deux récits n'est donc pas du tout la même: alors qu'Arkadi Strougatski se fait intimiste, Tarkovski se veut plus universel.  De même, le récit d'Arkadi Strougatski se veut ouvertement fantastique, alors que celui de Tarkovski reste dans l'incertitude: son héros est finalement considéré comme fou. Il n'empêche que ce scénario, refusé par le cinéaste, est un bien beau texte, parfaitement lisible en tant que tel, et qui méritait bien le prix reçu.

21.06.2009

L'Île habitée - le film: une critique

Il nous aura fallu du temps pour livrer ici notre propre avis sur le film L'Île habitée, adapté du roman du même nom d'Arkadi et Boris Strougatski, surtout après avoir essayé de donner une synthèse des différents avis jusqu'ici exprimés en Russie; mais nous tenions à avoir aussi le deuxième volume (puisque le film est en deux parties) pour voir l'ensemble en un tout cohérent.

Résumons un peu l'histoire. Maxime Kammerer est un jeune homme qui vit sur une Terre du futur qui semble être un véritable paradis. Lui-même est, de ce fait, une sorte de surhomme, pas nécessairement plus intelligent qu'un autre, mais physiquement quasi-invulnérable et doté des meilleures connaissances scientifiques. Un jour qu'il est dans l'espace à bord d'un petit vaisseau, il subit une avarie qui le force à s'écraser sur la planète Sarakch, une planète jusqu'ici non-explorée. Et le voilà qui découvre un Etat dont l'organisation politique se rapproche du fascisme, qui peine à se relever d'une guerre meurtrière, et surtout qui contrôle ses habitants à l'aide de tours émétrices qui augmente considérablement et artificiellement leur fidélité au régime. Maxime, qui n'a quasiment aucune éducation politique, en bon ingénu qu'il est, se retrouve ainsi soldat dans la Garde de Combat, puis, prenant conscience des actions injustes qu'elle mène, il déserte et rejoint la résistance, avant, en définitive, de chercher son propre chemin et d'essayer d'améliorer la situation de ce monde.

Force est de reconnaître que l'essentiel des reproches jusqu'ici adressés à Fedor Bondartchouk sont injustifiés. Le réalisateur livre ici une adaptation particulièrement fidèle de l'oeuvre des Strougatski. Son film est donc riche en détails signifiants, qui font que l'on peut le revoir avec plaisir et en découvrir de nouveaux aspects. Fidèle, Bondartchouk l'est aussi avec l'esprit de l'oeuvre. Et c'est là un paradoxe: alors qu'il est lui-même un admirateur de Vladimir Poutine, il livre un film qui se pose en étonnante allégorie de la Russie actuelle, un empire sur le déclin, qui a perdu ses anciens Etats dépendants et qui cherche malgré tout à survivre dans un orgueil mal placé.

Cette fidélité a été aussi jusqu'à respecter des détails pourtant difficilement transposables à l'écran, ainsi l'horizon courbe qui caractérise ce monde. Dû à une atmosphère particulière à l'indice de réfractométrie négatif, il fait que les habitants de Sarakch croient vivre sur un monde en forme de coupe. De même, le ciel, dont la luminosité donne presque mal aux yeux, leur est définitivement opaque: ils n'ont aucune idée de ce qu'est une étoile.


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Lui et ses scénaristes, les époux Diatchenko, ont aussi poussé la fidélité jusqu'à chercher des éléments qui ne se trouvent pas dans ce roman, mais dans d'autres appartenant aussi à l'univers du Midi. Par exemple, les vaisseaux spatiaux des Strougatski sont semi-vivants, ce que Bondartchouk a rendu par une image (hélas furtive) surprenante:


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Le choix des acteurs, lui aussi souvent critiqué, est en fait particulièrement pertinant. Ainsi, Maxime, campé par Vassili Stepanov. On a parfois écrit que Stepanov n'avait pour lui qu'une gueule de bellâtre. Pourtant il colle particulièrement bien dans un rôle d'ingénu parfait.
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Autres acteurs surprenants, Ioulia Snigir (Rada Gal) et Fiodor Bondartchouk lui-même (le Procureur). Ioulia Snigir arrive à faire vivre un personnage à la base particulièrement fade en lui donnant un charme fou; alors que Bondartchouk fait un Procureur très humain, avec ses qualités et ses défauts. Il est sans doute le personnage le plus intéressant du film.
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Enfin, pour assoir sa mise en scène, Bondartchouk et son équipe ont volontairement fait appel à des influences issues de grands films ou de grands réalisateurs de Science Fiction.
Ainsi, à Terry Gilliam et son Brazil ou son Armée des 12 singes:
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De même, les scènes urbaines sont un hommage à peine masqué au Blade Runner de Ridley Scott:
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Enfin, on y a ajouté un zest de Clive Barker (avec le personnage de Sorcier):
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Et pour bien faire, une touche de Matrix dans le combat final:
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Mais Bondartchouk ne se contente pas de copier ses maîtres: il reprend tous ces éléments et les fait fondre dans un même moule qui donne en définitive une oeuvre unique, certes pas novatrice dans sa mise en scène, mais efficace et intelligente. Alternant scènes calmes et passages d'action, il ne laisse pas le temps au spectateur, malgré la durée totale de 3h53, de s'ennuyer, l'action allant crescendo jusqu'à une scène finale très longue mais ébouriffante, qui certes doit beaucoup à Matrix, mais en bouscule largement les codes. Ici, nous n'avons pas le droit à la traditionnelle scène où l'un des deux combattant affiche un remarquable sang froid. Les deux protagonistes, tous deux sûrs de leur bon droit, se laissent aller à une fureur dévastatrice.
On notera pour finir le soin constant apporté aux décors et aux costumes, superbes, et là encore à la richesse de détails de l'environnement. Seul bémol: la musique, banale, voire même hideuse. Fort heureusement, nous n'avons pas là un film hollywoodien: la dite musique n'est pas omniprésente.
L'Île habitée s'avère donc être, à défaut d'un chef d'oeuvre, un très bon film, sans doute le meilleur film de Science Fiction réalisé depuis longtemps.
Il ne reste plus qu'à le diffuser en France!

13.06.2009

Arkadi et Boris Strougatski - Il est difficile d'être un dieu

Les notes des prochains jours vont être très orientées vers Arkadi et Boris Strougatski, puisque que nous allons avoir à parler du film L'Île habitée, de leur récit tout récemment publié intitulé Sorcière. Mais commençons donc par la réédition chez Denoël de Il est difficile d'être un dieu.

 

 

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Les éditions Denoël ont donc eu la bonne idée de rééditer, dans le collection "Lunes d'Encre", sous la houlette de Gilles Dumay, le premier vrai grand roman des deux frères, Il est difficile d'être un dieu. Alors bien sûr, il est plutôt délicat pour nous d'en parler puisque l'une d'entre nous a révisée la traduction de Bernadette du Crest, en corrigeant quelques petites erreurs et en réintégrant les révisions faites par Boris après la Perestroïka; cependant nous ne pouvons nous empêcher de soutenir cet effort de Denoël, car le roman est remarquable en tous points.

Il est difficile d'être un dieu est l'archétype-même du roman de Science Fiction intemporel. En effet, l'action se passant sur une planète dont le stade de civilisation est celui de notre Moyen Âge, et les Terriens ayant à coeur de dissimuler leur propre technologie, tous ces éléments empêche le contexte civilisationnel du roman de vieillir.

Qui plus est, le récit se base sur un postulat, celui de l'interventionnisme dans les relations internationales, qui est toujours largement d'actualité.

De quoi est-il donc question? Anton est un agent de l'Institut d'Histoire, est chargé avec quelques confrères de s'intégrer à la civilisation de la planète Arkanar. Pour cela, il prend l'identité d'un prince local, Roumata d'Estor. A charge pour lui de ne jamais, et sous aucun prétexte, dévoiler son identité. La règle de base consiste en effet à ne pas interférer dans le cours de l'histoire locale. Pourtant, Anton / Roumata se retrouve confronté à un dilemne, lorsqu'il voit un système de type fasciste se mettre en place. Doit-il intervenir pour empêcher cela?

La Science Fiction soviétique traîne toujours derrière elle une réputation de littérature soporifique: ici il n'en est rien. Les Strougatski nous livrent paradoxalement un remarquable roman de "capes et d'épées", truffé d'action rondement menée. Et pourtant c'est aussi un authentique roman philosophique, qui devrait faire réfléchir plus d'un dirigeant dans le monde. Lorsque l'on est confronté à une culture supposée inférieure à la sienne, se doit-on d'intervenir pour la mettre sur d'autres rails? De quel droit? La réponse des deux frères est ambiguë. Ecrit au temps où l'URSS pratiquait largement l'interventionisme, que ce soit en Afrique ou en Amérique du Sud, le roman ne pouvait aller officiellement contre cette doctrine. Pourtant on ne peut s'empêcher d'agréer au principe de base de cet Institut (principe d'ailleurs qui se retrouvera sous la forme de la "Directive Première" de la Fédération dans Star Trek...)

Il est difficile d'être un dieu est donc un roman riche en tous points. A ne pas manquer.

 

En résumé:

Editions Denoël, collection "Lunes d'Encre",

ISBN 9782207260388

240 pages

Traduction de Bernadette du Crest, revue par Viktoriya Lajoye

07.06.2009

Interpresscon 2009 et ses prix

Certes, nous avons un peu de retard, puisque la dernière Interpresscon s'est tenue à Saint-Pétersbourg, fusionnant exceptionnellement avec la Baltcon (eh oui, il existe une convention annuelle de SF pour les pays baltes!), du 30 avril au 3 mai dernier. Mais nous avons une bonne excuse: les notes sur les époux Diatchenko nous ont pris beaucoup de temps...

Deux prix importants ont été descernés lors de cette convention: l'Escargot de Bronze (le prix de Boris Strougatski), et bien entendu le prix de l'Interpresscon.

Les résultats de l'Escargot de Bronze sont donc:


Catégorie "Roman": Dmitri Bykov, Radiés (Списанные)

Catégorie "Nouvelle": Alexeï Loukianov, Forage en profondeur (Глубокое бурение).

Catégorie "Récit": Ioulia Zonis, Me-gui-do (Ме-ги-до).

Et les résultats du prix Interpresscon sont:


Catégorie "Roman": Ian Valetov, La Terre de personne (Ничья земля) (tétralogie).

Catégorie "Nouvelle": Evguéni Loukine, Bot est avec nous (С нами бот).

Catégorie "Récit": Arkadi et Boris Strougatski, Sorcière (Ведьма).

Catégorie "Court récit": V. Vladimirski, Deuxième chance (Второй шанс).

Catégorie "Premier livre": I. Verov et I. Minakov, Le Débarquement sur Saturne ou Trois cents ans de solitude (Десант на Сатурн, или Триста лет одиночества) (le débutant est I. Minakov).


Bien évidemment, nous aurons à reparler de ce récit inédit des Strougatski, Sorcière. Il s'agit bien-là de la bonne surprise de l'année 2008: Sorcière est un scénario écrit par Arkadi Strougatski pour Andreï Tarkovski, premier scénario connu du film Le Sacrifice, tourné en 1985 en Suède, après son exil d'URSS. Ce scénario, considéré comme perdu depuis longtemps, a été retrouvé il y a peu dans les archives de la fille d'Arkadi.


21.04.2009

Arkadi et Boris Strougatski - Il est difficile d'être un dieu: la couverture

La parution pour le mois de juin prochain de la réédition chez Lunes d'Encre (éditions Denoël) de Il est difficile d'être un dieu, des frères Strougatski et dont nous avons révisé la traduction, est en bonne voie. Pour preuve la révélation de l'illustration de couverture, une oeuvre de Lasth:

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