10.12.2009

Le sommaire de Dimension Russie

Le travail sur Dimension Russie avance. Et les traductions (qui sont cette fois-ci toutes de nous) sont maintenant achevées. Certes, il reste à tout relire et surtout à rédiger l'introduction et le dictionnaire des auteurs. Mais du coup, nous sommes tout de même déjà en mesure de dévoiler le sommaire:

Vladimir Pokrovski, "Avant propos"
Viktoriya et Patrice Lajoye, "Préface"
Pavel Amnouel, Le Rayon vert
Henry Lion Oldie, Relève-toi, Lazar
Marina et Sergueï Diatchenko, Les Ailes
Mikhaïl Ouspenski et Andreï Lazartchouk, "Le Jeune Communiste de Mordovie", sous-marin jaune
Andreï Salomatov, La Fête
Henry Lion Oldie, Viens me voir dans ma solitude...
Marina et Sergueï Diatchenko, Basket-Ball
Sergueï Pali, La Sirène
Iouli Bourkine, Le Papillon et le basilic

Tous les genres sont abordés dans ce sommaire, même si, en définitive, les textes réellement inclassables forment la majorité.

Allez, plus que quelques mois à attendre!

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27.09.2009

Andreï Lazartchouk - Le Pont de Waterloo

L'action du roman Le Pont de Waterloo (Мост Ватерлоо) d'Andreï Lazartchouk, se passe lors d'une guerre. L'armée de l'Empereur – dont les soldats se nomment eux-mêmes « descendants des Hyperboréens » - veut attaquer l'ennemi à revers et pour cela il faut construire un pont au-dessus d'un cañon.

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Le personnage principal, Peter Miller, est un opérateur en chef qui doit filmer la construction du pont en question. Mais Peter n'est pas libre dans ses actions. Il doit suivre tout ce que lui dit l'idéologue et propagandiste de l'Empereur, Markhel. Ce dernier a déjà écrit le scénario de la construction et veux que Peter produise un film truqué, à l'aide de décors, d'après ce scénario. En gros, ce film doit exalter l'Empereur, montrer la lutte de Markhel avec des saboteurs imaginaires, etc. Markhel veille aussi à ce que Peter et ses collègues ne filment pas le déroulement réel de la construction. De plus, il cherche partout des ennemis, parmi les ingénieurs, les soldats, les sapeurs, etc., et fait tuer beaucoup de gens innocents, qu'il appelle à dénoncer.

Cependant Peter et quelques uns de ses collègues filment en cachette ce qui se passe réellement, avant de dissimuler les bandes. De plus, alors qu'il découvre par hasard qu'il a la capacité d'être parfois invisible, il réussit à parler avec des soldats et des sapeurs qui sont aussi mécontents de ce qui se passent autour d'eux, mais qui, malgré tout, restent inactifs et ne se décident pas à entrer en opposition.

Le roman d'Andreï Lazartchouk se veut donc une virulente dénonciation de l'absurdité de la guerre, mais pas seulement. C'est toute la mécanique de la propagande, sous sa forme la plus classique (fausses nouvelles, images mises en scène, et donc manipulation de masses) qu'il dévoile et critique. Pour se faire, il utilise un artifice régulièrement employé par les auteurs de Science Fiction de l'époque soviétique, à savoir, celui des pays imaginaires, ce qui transforme aussitôt son récit en une forme de parabole. Cela n'est pas un hasard puisque le roman date de 1990, à la toute fin donc de cette époque.

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Il n'empêche que ce type de réflexion est clairement intemporel et qu'au final ce roman d'actualité. Sans être un chef-d'oeuvre, il se laisse agréablement lire et pousse bien le lecteur à la réflexion. Toutes ces qualités ont d'ailleurs fait que ce roman a connu rien de moins que trois éditions dès la première année, en tout 190000 exemplaires (pour un total maintenant de 230000).