22.02.2012

Projet "Kosmoopera" - Le bilan

Voilà plusieurs mois maintenant que nous avons envoyé notre projet "Kosmoopera" à à peu tous les éditeurs importants de science-fiction en France - du moins à ceux qui rémunèrent ne serait-ce qu'au pourcentage les traducteur -, y compris ceux qui étaient le moins susceptibles de l'accepter - après tout, nous ne sommes jamais à l'abri d'une bonne surprise!

Mais de bonne surprise il n'y a point eu, hélas.

Donc, sur les onze éditeurs contactés, quatre n'ont jamais répondu. Deux autres ont refusé le projet et n'ont pas tenu à ce que leurs raisons soient rendues publiques.

 

Deux autres n'ont clairement pas l'opportunité de le publier: Magali Duez pour Griffe d'Encre a trop de projets en cours, de même que pour Gilles Dumay, directeur de la collection Lunes d'Encre chez Denoël, "C'est un très beau projet ; je regrette vraiment de ne pas publier davantage de livres."

 

Deux autres ont pris le temps d'examiner plus en profondeur le dossier. Tout d'abord Jérôme Vincent pour les éditions ActuSF:

"Votre projet est plutôt intéressant. Il y a pas mal de planètes à explorer et des idées comme celle développée dans La Ballade des étoiles ne peut que plaire à mon petit coeur de fan de science-fiction. Néanmoins, je ne le prendrai pas pour l’instant. La principale raison c’est que la donne vient de changer pour nous. Depuis début septembre [2011], Harmonia Mundi s’occupe de notre diffusion et de notre distribution. Je suis donc de nouveau très prudent sur les projets que nous allons publier. J’attends un peu de voir comment cela va se passer sur la première année. L’idée c’est de savoir sur quel modèle économique nous pouvons nous baser et si nous aurons la capacité à l’avenir de prendre dans notre catalogue des projets comme Kosmoopera. En clair, devons-nous rester sur des auteurs à forte notoriété comme George R.R.Martin ou avons-nous la liberté de publier des livres dont les auteurs sont moins renommés mais qui sont intéressants qualitativement parlant. Il faudrait également discuter du coût des traductions et de l’achat des droits.

Si l’on a cette liberté, alors oui, il faudra qu’on en rediscute. Mais pour l’heure c’est plutôt l’attente et la prudence qui prévalent et ce sera donc encore le cas pendant au moins un an. Du coup, je passe mon tour, non pas en regard de la qualité des textes, mais bien en raison du contexte actuel de notre maison d’édition et en librairie."

 

Ce genre de réponse se précise encore, à l'aide de chiffres, de la part de Pascal Godbillon directeur de Folio SF chez Gallimard:

"J'ai donc regardé tout cela d'un peu plus près. C'est un projet qui, à titre personnel, m'intéresserait. Mais pour Folio SF, comme je vous le disais, ce n'est juste pas possible. Même en vous payant 12 euros - ce que je me refuse à faire, de toute façon ; on paye déjà très peu, c'est pas pour payer encore moins ! -, il faudrait que je vende plus de 4.000 exemplaires d'un poche à plus de 8 euros... Ce n'est pas réaliste.
J'en suis navré, vraiment, mais je pense qu'il faut que vous vous tourniez vers des éditeurs de grand format."

 

Alors au final reste notre partenaire de toujours: Philippe Ward, qui, pour sa collection Rivière Blanche, nous a dit:

"Oui j'ai suivi votre blog et vos articles sur cette anthologie. Comme je vous l'ai toujours dit, la Rivière Blanche est partante pour ce genre de projet. Si vous trouvez mieux ailleurs, il faut y aller, mais en dernier recours, nous serons là.

Après comme d'habitude, vous êtes les maîtres du projet, je peux lire les textes par plaisir et par curiosité, mais vous êtes entièrement libre du sommaire. Vous me connaissez, je fonctionne comme cela avec tous les anthologistes, à partir du moment que je dis banco, ils ont entière liberté.

Les seuls petits trucs que je demande c'est une préface, une petite présentation des textes et pourquoi pas un petit paratexte à la fin avec des illustrations ou des articles ou des biographies.

Le seul point à voir c'est la date de parution, ce serait second semestre 2012 au plus tôt, après c'est à vous de voir."

 

Donc voilà, si cette anthologie de space opera soviétique se fait, ce sera chez Rivière Blanche, mais à notre rythme, en fonction de notre charge de travail à tous les deux. Mais nous la ferons, soyez-en sûrs!

 

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