25.11.2011

Sergueï Loukianenko - Credo

 

Revenons sur un auteur dont nous aurions sans doute parler plus souvent, du fait qu'il est l'un des rares à s'être fait un petit nom dans le paysage éditorial francophone : Sergueï Loukianenko ; ici avec une novella, Credo (Кредо), initialement parue en 2004 dans la revue Esli (n°5, 2004, p. 81-138).Loukianenko.jpg

 

 

 

Dans un futur proche, des appareils spéciaux permettant de savoir ce que l'on a fait dans ses vies antérieures ont été élaborés. Artem est détective privé, spécialisé dans l'usage de ce type d'appareil et des réincarnations. Il rencontre un jour par hasard dans un bar un jeune scientifique, Ivan, qui a construit lui-même le sien et l'a expérimenté seul, après avoir posé un dictaphone près de lui. Ivan propose à Artem de lui montrer l'enregistrement, lequel se trouve dans son laboratoire. Mais une fois dans la rue, Ivan tombe, mort.

 

La police criminelle commence à enquêter. Mais pour Artem, il ne fait aucun doute que c'est l'enregistrement qui est la cause du meurtre. Il rencontre la fiancée d'Ivan, qui lui décrit son entourage proche, en tout quatre personnes. Un ami, doctorant ; un professeur célèbre, Aglassov ; la directrice de la chaire où travailler Ivan ; et une vielle connaissance avec laquelle Ivan se disputait le plus souvent. Artem va les rencontrer l'un après l'autre. Le détective demande au doctorant de chercher l'enregistrement, puis va parler à la directrice, une dame sévère, qui lui fait un peu l'historique de son département de recherche en physique. Une dizaine d'années auparavant, le directeur était un savant talentueux. Un jour, lors d'une expérience, une explosion eut lieu. Il y eut quelques victimes dont le directeur. Elle aussi pense que la clé de l'affaire se trouve dans l'enregistrement.

Loukianenko2.jpgA force d'investigation, Artem découvre que quelqu'un se trouvait bien dans le bâtiment de l'université, en face du bar, au moment au Ivan est mort. Mais il aurait fallu un fusil de sniper. Or le doctorant ami d'Ivan était, lors de son service militaire, sniper. Alors que celui-ci montre à Artem qu'il est innocent, mais à ce moment-même, un juge d'instruction accompagné d'un commando de police, débarque en force pour l'arrêter. Mais est-il nécessairement coupable ?

 

 

 

Imaginons un monde où l'on peut systématiquement savoir ce qu'ont fait nos précédentes incarnations. La tentation est alors grande de se servir de ce système pour « tester » les enfants et connaître ainsi leurs aptitudes innées (et finalement acquises lors de précédentes incarnations). Dans ce monde, le libre arbitre risque alors fort de disparaître, pour laisser la place à un implacable destin, d'autant plus lorsqu'il est question d'une sombre affaire arrivée à quelqu'un et dont l'incarnation suivante subira les conséquences.

 

C'est sur ce fond philosophique intéressant que Sergueï Loukianenko plaque une intrigue policière certes banale, mais qui permet de ce fait de bien saisir le propos, amené de façon subtile. Loukianenko est un conteur, et il sait y faire pour nous offrir une bonne histoire, pas nécessairement très originale, mais délassante et bien menée.

 

 

 

Une lecture de Viktoriya

 

 

 

 

 

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