04.09.2011
Ilya Varchavski - Dans le Cosmos - Projet "Kosmoopera" 15
En 1963, Ilya Varchavski publie Dans le Cosmos (В космосе, parfois aussi intitulé Большой космос – Le Grand Cosmos), un ensemble de cinq récits, très courts, qui reposent sur les mêmes personnages, quatre cosmonautes qui ne sont pas désignés autrement que par leur titre : le Commandant, le Physicien, le Géologue, le Docteur, tous quatre formant l'équipage du Météore. Un procédé déjà en soi peu commun dans la littérature de science-fiction soviétique. L'ordre des textes ayant varié en fonction des éditions, nous suivrons celui proposé par l'anthologie Fantastika 1963, qui nous semble plus logique que celui de l'anthologie Signal d'alarme (Новая сигнальная), parue la même année.
L'ensemble débute par Le Piège (Ловушка), le texte le plus court (à peine trois pages), mais aussi le plus vertigineux par son idée : le Météore est capturé par un vortex spatio-temporel qui lui fait revivre sans cesse les mêmes événements. Une idée de base qu'on retrouvera par exemple dans Star Trek – The Next Generation. Hélas, le récit est bien trop court, il ne donne pas la possibilité au lecteur de suivre les péripéties, de se passionner pour la chose. Il reste au stade d'idée.
Le Météore parvient tout même à se dégager, et tente de revenir vers la Terre. C'est-là le sujet de Le Retour (Возвращение), une nouvelle saisissante, qui prend le point de vue du Commandant, le montrant assumer jusqu'au bout ses responsabilités, même lorsqu'il s'agit d'envoyer à la mort, pour assurer la survie de tous, un des membres de son équipage. Formellement, cette nouvelle est une grande réussite, nous offrant un texte poignant.
Le Petit-fils (Внук), nous plonge dans le futur, en présentant le petit-fils du Commandant, ce qui permet à Varchavski, dans ces deux courtes pages, de nous parler de la carrière de son héros. Un texte qui en soit n'a pas grand intérêt, si ce n'est de servir d'introduction au texte suivant, Les Mangepas (plus proprement « Les mangeurs de rien », Неедяки), le seul de l'ensemble qui ait été traduit en français (d'après une version anglaise), dans l'anthologie de Darko Suvin, Autres Mondes, autres mers (Denoël, 1973). Le Météore arrive sur une planète dont la période de rotation est égale à sa période de révolution, ce qui fait que, comme la Lune avec la Terre (ou la planète Temir du récit d'Olga Larionova vu précédemment), elle montre toujours la même face à son soleil. Il s'y trouve pourtant d'étranges créatures qui ne semblent se nourrir que d'eau et n'entretenir aucune relations sociales. Mais l'arrivée des humains aura un impact inattendu. Ce texte souffre hélas d'hésiter entre le récit à chute humoristique et la description d'un genre d'extraterrestre particulièrement originale. Dommage.
Enfin il faut compter sur La Planète lilas (Сиреневая планета), un récit classique d'enquête archéologique sur la disparition d'une culture extraterrestre qui fut autrefois brillante.
Avec cet ensemble de cinq textes plus ou moins bref, on a vraiment l'impression d'avoir entre les mains de simples notes, des extraits rédigés en vue d'un projet plus ambitieux, un roman d'exploration spatiale ou un vrai cycle de nouvelles. Ici, Dans le Cosmos sent l'inachevé, hélas, et ne parvient pas à convaincre, malgré quelques passages vraiment brillants, dont la nouvelle Le Retour.
Une lecture de Patrice
21:05 Publié dans (a) Projet "Kosmoopera", (aut.) Ilya Varchavski, Auteurs russes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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