02.09.2011

Olga Larionova - L'Accusation - Projet "Kosmoopera" 14

 

L'Accusation, d'Olga Larionova, est une nouvelle d'aventures spatiales d'assez bonne taille sans atteindre le statut de novella ou povest' ; plus exactement un récit de premier contact sur un monde en voie d'exploration : Temir Kouzioumov. La planète Temir a pour particularité d'être similaire à Mercure, à savoir qu'elle expose en permanence la même face à son soleil : son côté sombre est donc glacé, et son côté lumineux brûlant. La vie, si tant est qu'elle ait pu se développer, n'est donc possible que le long de la mince zone de transition.Larionova.jpg

Temira est donc un monde sans risque et c'est pourquoi le capitaine d'une mission d'expédition, Février, accepter de prendre à son bord un débutant, Gronningsaeter (alias Grog), un turbulent novice plein d'idées évidemment bonnes. Surprise : Temira est effectivement porteuse de vie. Des arbres, ou plutôt de pseudo-arbres parfaitement adaptés aux conditions hostiles de ce monde, sans feuilles, aux troncs et branches si enchevêtrées sur plusieurs mètres d'épaisseur que le vaisseau a pu se poser dessus. Deuxième surprise : il y a aussi de la vie intelligente. Des créatures anthropomorphes, et qui, de toute évidence, ne sont pas autochtones.

Ces créatures ont un mode de vie fort simple : jamais elles ne s'éloignent de leur grotte de plus de quelques centaines de mètres, elles n'ont aucun chef, aucune hiérarchie. Elles vivent en parfaite harmonie, se contentant de se « réchauffer » les unes les autres, sachant que si l'une d'elles se trouvait isolée par quelque moyen que ce soit, elle serait aussitôt « gelée ». Mais quel sens les cosmonautes doivent-ils donner à ces expressions ?

 

L'accusation est plus qu'une simple nouvelle d'exploration. Extrapolant sur la théorie marxiste qui veut qu'une société archaïque vive une sorte de communisme primitif, Larionova pousse cette idée à l'extrême : les habitants de Temir, dont on ne saura finalement pas vraiment comment ils sont arrivés là, partagent tout, malgré leur immense dénuement. C'est là sans doute le sens premier de cette nouvelle : l'union fait la force. Une maxime toute simple, et cependant efficace. Et Larionova nous donne ainsi à lire un texte certes de facture classique, mais bien troussé, et passionnant, avec juste ce qu'il faut de mystère pour maintenir constamment l'intérêt. Paru initialement dans la revue Avrora en 1969, puis rééditée dans un recueil de l'auteur en 1971, ce texte n'a malheureusement pas été repris depuis, y compris dans les recueils de Larionova qui ont suivi, et c'est bien dommage.

 

Une lecture de Patrice

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