23.09.2009
Vadim Panov - Le Club de Moscou
Avec Le Club de Moscou (Московский клуб – 2006, Eksmo), de Vadim Panov, voici le premier roman cyberpunk que nous critiquons ici. Son action se passe sur Terre, dans un futur immédiat où, après une guerre du pétrole, le pouvoir est partagé entre des sociétés transnationales et des enclaves, par exemple l'enclave de Moscou, qui est territorialement indépendante.

Un service secret chinois veut s'emparer d'études sur un nouveau type d'énergie mis au point par des savants russes de la société Mostech, énergie qui leur permettrait de dominer le monde. Afin de forcer le réseau informatique de Mostech, les hauts dignitaires du service chinois engagent un hacker russe surdoué surnommé Muette. Ce dernier arrive dans l'enclave de Moscou où il se prépare à cette affaire, tout en se cachant afin de ne pas être arrêté par le Service de Sécurité des Enclaves qui lutte contre toutes sortes d'actions illégales comme la contrebande, et dont le chef de la filiale moscovite est un dénommé Kaufman, surnommé le Mort. Ce dernier est par ailleurs membre d'une sorte de club secret (intitulé tout simplement le Club de Moscou), pourtant lui même considéré comme illégal.
Dans le même temps, des contrebandiers kidnappent la petite-fille de Roman Fadeev, un entrepreneur très connu et puissant, propriétaire de plusieurs corporations. A partir de ces postulats de base va se développer une série d'intrigues sur la corruption, les luttes entre clans différents, etc. Tous veulent s'emparer de la richesse de Fadeev.
Le roman de Panov n'est donc guère original. Ainsi son cadre géopolitique, avec ce morcellement territorial dû à une grande guerre, et la mainmise de grosses sociétés sur le pouvoir, tout cela se retrouve déjà chez ses illustres prédécesseurs anglo-saxons dans ce genre, par exemple dans le Cablé de Walter Jon Williams. Panov utilise pour cela tout la panoplie habituelle du cyberpunk, avec force implants cérébraux et autres technologies de ce style.
Mais l'auteur compense largement cette absence d'originalité par un solide talent d'écrivain populaire. En décrivant avec précision une Moscou du futur, il y place une intrigue complexe bien ficelée qui ménage astucieusement le suspense. Sans être un grand roman, Le Club Moscou offre au lecteur un très bon moment de détente. Ce qui n'est déjà pas mal.
Ce roman a donc aisément trouvé son lectorat, ce qui lui a permis d'être le premier volume d'une série nommée Enclaves, qui a déjà connu deux suites.
14:09 Publié dans (éd.) Eksmo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : panov, Панов



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